Clémentine Louant

Résumé

Clémentine Louant Pauvre Germaine !

Hélas ! égoïste que j’étais, je n’ai pas compris que dans la solitude où nous vivions à trois, l’éveil de ce jeune cœur était inévitable, et que ma sœur ne pouvait revoir Jacques et l’apprécier, sans l’aimer comme moi.
J’ai dit à Jeanne : Dépêche-toi de guérir, Jacques reviendra le jour où tu pourras aller l’attendre à la grille du jardin.
Elle a jeté un cri de joie, sans penser à moi ; amour égoïste et cruel, que fais-tu de nous !
Depuis, ses forces reviennent rapidement, je sens qu’elle veut vivre, et qu’elle attend de moi un complément de vie.
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Clémentine Louant Pauvre Germaine !

Moi, je l’aimais avec mélancolie, ce salon familier à mon enfance. J’y cherchais l’empreinte des pas de ma mère sur le sable qui couvrait le sol ; je soulevais, comme elle le faisait, un coin du rideau, pour voir au dehors ; je regardais avec un respect attendri ce Christ vers lequel je l’avais si souvent vue lever ses doux yeux.
Comme nous cheminions côte à côte, au retour, Jacques me dit en me montrant Jeanne qui marchait devant nous :
— Ce rire perpétuel m’impatiente ; Jeanne n’a pas de cœur ; on ne rit pas toujours de tout.
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Clémentine Louant Pauvre Germaine !

Elle devient charmante, ma mignonne Jeanne, contre toute prévision ; Jacques, qui ne l’avait pas vue depuis près d’un an, l’a trouvée grandement changée ; il l’avait quittée maigre et chétive, les cheveux d’un blond trop pâle, le teint gris et sans éclat : elle a beaucoup grandi, mince et élancée, elle a la démarche souple et légère, d’une jeune déesse ; ses cheveux, frisés sur le front en boucles serrées, semblent lui faire une couronne ; elle a d’admirables yeux du brun clair des noisettes mûres, dont le regard largement ouvert laisse lire jusqu’au fond de l’âme.
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