Marie Le Harivel de Gonneville Mirabeau

Résumé

Marie Le Harivel de Gonneville Mirabeau Madame Lauffray : 1844-1882 (1884)

Elle avait ce prestige mystérieux que donne l'approche de la mort, cet empreinte céleste des « appelés » qui,
dans les rêveries de l'âme prête à s'envoler, entrevoient déjà les grandeurs inconnues d'une autre vie.
Parfois, tandis qu'un sourire éclairait son visage, une larme brillait dans ses yeux; c'est qu'alors le moment suprême des adieux, se présentant à sa pensée, déchirait son cœur en dépit de sa foi et de son courage.
Source : Gallica

Marie Le Harivel de Gonneville Mirabeau Madame Lauffray : 1844-1882 (1884)

Et tandis que ce deuil remplissait les cœurs, la petite sœur, presque oubliée, grandissait comme l'espérance, don du ciel s'imposant aux désolés de la terre.
Elle avait enfermé son âme dans une affection que chaque heure de la vie de famille développait; hors de là elle ne désirait et ne cherchait rien; sa mission lui semblait tracée par la volonté divine, et, mère par le cœur avant même d'être femme, elle donnait déjà les plus tendres soins maternels au fils de sa sœur, de cette aînée si belle et si accomplie, restée en sa mémoire comme un objet chéri de culte et d'admiration.
Source : Gallica

Marie Le Harivel de Gonneville Mirabeau Madame Lauffray : 1844-1882 (1884)

Durant ses nuits sans sommeil et ses jours sans repos, elle avait fait le sacrifice de sa vie, et quand on cherchait à la rattacher à des espérances humaines, elle répondait : « Tout ce que Dieu fait est bien fait.
Aujourd'hui je suis prête; qui sait si je le serais demain? »
Dans les crises douloureuses de sa longue agonie, ses regards se tournaient, tantôt avec une déchirante expression de regret vers ceux qui la pleuraient d'avance, qui en sa présence portaient déjà son deuil, et tantôt, avec la foi des élus, vers le ciel.
Source : Gallica

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