José-Maria de Heredia

José-Maria de Heredia

Résumé

Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Le Parnasse contemporain/1876

La gloire a sillonné de ses illustres rides
Le visage hardi de ce grand Cavalier
Qui porte sur son front que nul n’a fait plier
Le hâle de la guerre et des soleils torrides.
En tous lieux, côte ferme, îles, sierras arides,
Il a planté la croix, et depuis l’escalier
Des Andes, promené son pennon familier
Jusqu’au golfe orageux qui blanchit les Florides.
Pour ses derniers neveux, Claudius, tes pinceaux
Sous l’armure de bronze aux splendides rinceaux
Font revivre l’Aïeul fier et mélancolique ;
Et ses yeux assombris semblent chercher encor
Dans le ciel de l’émail ardent et métallique
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Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Le Parnasse contemporain/1876

LES FUNÉRAILLES
Vers la Phocide illustre, aux temples que domine
La rocheuse Pytho toujours ceinte d’éclairs,
Quand les guerriers anciens descendaient aux enfers,
Hellas accompagnait leur image divine.
Et leurs ombres, tandis que la nuit illumine
L’Archipel radieux et les golfes déserts,
Écoutaient, du sommet des promontoires clairs
Chanter sur leurs tombeaux la mer de Salamine.
Et moi je m’éteindrai, vieillard, en un long deuil ;
Mon corps sera cloué dans un étroit cercueil,
Et l’on paîra la terre et le prêtre et les cierges.
Et pourtant j’ai rêvé ce destin glorieux
De tomber au soleil ainsi que les aïeux,
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Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Le Parnasse contemporain/1876

SUR LE PONT-VIEUX
ANTONIO DI SANDRO OREFICE
Le vaillant Maître Orfévre, à l’œuvre dès matines,
Faisait, de ses pinceaux d’où s’égouttait l’émail,
Sur la paix niellée ou sur l’or du fermail,
Épanouir la fleur des devises latines.
Sur le Pont, au son clair des cloches argentines,
La cape coudoyait le froc et le camail ;
Et le soleil, montant dans un ciel de vitrail,
Mettait un nimbe au front des belles Florentines.
Et prompts au rêve ardent qui les savait charmer
Les apprentis pensifs oubliaient de fermer
Les mains des fiancés au chaton de leur bague.
Tandis que d’un burin trempé comme un stylet,
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