José-Maria de Heredia

José-Maria de Heredia

Résumé

Portrait de José-Maria de Heredia José-Maria de Heredia Revue des Deux Mondes

Ruy dit et tend le chef livide et hérissé
Qu’il tient empoigné par l’horrible chevelure.
Diego Laynez d’un bond sur ses pieds s’est dressé :
— Est-ce toi, Comte infâme ? Est-ce toi, tête exsangue,
Avec ce rire fixe et cet œil convulsé ?
Oui, c’est bien toi ! Tes dents mordent encor ta langue ;
Pour la dernière fois l’insolente a raillé
Et le glaive a tranché le fil de sa harangue ! —
Sous le col d’un seul coup par Tizona taillé,
D’épais et noirs caillots pendent à chaque fibre ;
Le vieux frotte sa joue avec le sang caillé.
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Chaque jour mieux étudiée, l’œuvre d’André Chénier ne pourra qu’accroître sa gloire. Aucun poète n’a si voluptueusement et fièrement chanté la nature, la jeunesse, l’amour, les héros, les Dieux, la Justice et la Liberté. Nul, mieux que lui, n’a su faire siffler, autour de la tête horrible et belle de l’antique Furie, les vipères de la Vengeance. Les Bucoliques et les Iambes suffiraient à son immortalité.
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Débrouiller le chaos, quelque admirable qu’il soit, semble impossible à qui n’est pas un dieu. Mais l’homme, s’il n’est pas éternel, peut être patient. L’amour et la patience unis sont bien forts. A force d’y songer, de lire, de relire les manuscrits, je parvins peu à peu à les classer, quoique bien vaguement encore, dans mon esprit. Je compulsai tout ce qui a été écrit sur André Chénier, les belles études de Sainte-Beuve et surtout les excellens ouvrages de mon vieil ami Becq de Fouquières. Un amour commun pour le grand poète nous avait étroitement liés.
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