André Beaunier

André Beaunier

Résumé

Portrait de André Beaunier André Beaunier La Poésie nouvelle

De jolis rêves y circulent et des paroles d’amour très doux, très tendre ; on les dirait exhalées par le beau paysage, dans la clarté, dans la splendeur du jour...
Le vers de Verhaeren, qui généralement est vigoureux avec un peu de rudesse, ici s’est adouci ; il n’a plus ces coupes violentes, ce rythme obsédant qui, ailleurs, semble marteler l’idée : il s’étend, se prolonge, il se fait berceur, langoureux, — et presque silencieux parfois, comme tout à l’extase de son admiration charmée, en présence enfin du bonheur.
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Cette note suave restera, d’ailleurs, très rare, chez Verhaeren.
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Portrait de André Beaunier André Beaunier La Poésie nouvelle

Le geste habituel de ces bonshommes quotidiennement vus prit une ampleur prodigieuse dans cette imagination visionnaire ; l’idée qu’il suggérait, — idée d’effort, de haine, de violence, d’amour, — s’identifia bientôt à lui et l’anima, en quelque sorte le suscita. De cette façon, le passeur d’eau se transforma en un symbole de la lutte acharnée et vaine, mais embellie d’illusion... Le cordier apparut aux prises avec tout l’infini de l’espace et du temps qu’il tire à lui, des horizons, au bout de ses ficelles de chanvre.
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Portrait de André Beaunier André Beaunier La Poésie nouvelle

L’inspiration d’Émile Verhaeren a subi une terrible transformation depuis le temps, peu éloigné pourtant, des Flamandes. C’était alors la joie de vivre qui l’enchantait, une sorte de félicité presque physique et que nulle pensée ne troublait, le bonheur de participer à l’épanouissement général dès êtres et des choses sur le sol fertile, sous le bon soleil. La pensée est venue ; n’y a-t-il pas en elle quelque chose de meurtrier ? Elle tue toute joie, elle flétrit toute félicité. Sournoise, elle s’infiltre ; elle est la mort au bonheur !...
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