Résumé

E. Caro André Chénier à Saint-Lazare

C’est dans ces pages si vigoureuses et si précises qu’ils apprendront que la révolution est le nom d’une ère nouvelle, celle de l’égalité rétablie et du travail affranchi, de la liberté de conscience assurée, du contrôle imposé au pouvoir, la fin en un mot d’un régime politique et social, le commencement d’un autre. Voilà ce que voulait André Chénier, ce qu’il aimait d’un ardent amour. L’esprit révolutionnaire est tout autre chose ; c’est l’insurrection en permanence, la désobéissance à la loi, le mépris de la liberté et du droit d’autrui.
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E. Caro André Chénier à Saint-Lazare

Non, s’écria André Chénier dans un dernier élan, quelle que soit l’audace des ennemis de la chose publique, l’âme des bons citoyens ne doit pas être entièrement fermée à l’espoir. La tentative faite le 20 juin pour soumettre le représentant de la nation au joug des clubs et des tavernes a dessillé les yeux de ceux même qui jusqu’ici s’étaient montrés les plus aveugles... Pour moi, citoyen obscur, mais intègre et fidèle aux lois, j’élèverai la voix en leur nom et au nom de la patrie, et je remercierai le roi du service qu’il vient de nous rendre.
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E. Caro André Chénier à Saint-Lazare

Il n’en est pas moins vrai qu’il y eut alors un moment unique dans l’histoire du monde, une heure de générosité magnanime, d’enthousiasme sincère, d’espoir illimité, dont Mme de Staël et André Chénier resteront les grands témoins. Les plus honnêtes gens furent les plus enthousiastes. Quoi d’étonnant ? cette aurore de 1789, n’était-ce pas celle d’un jour attendu, promis, marqué par les plus nobles penseurs du siècle, le jour de la justice réalisée, des abus et des privilèges supprimés, de la liberté réconciliée avec la royauté ?
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