Résumé

Un séjour en France de 1792 à 1795… (1872)

C'est maintenant la coutume générale de s'adresser mutuellement l'appellation de citoyen, que vous soyez citoyen ou non, habitant de Paris ou natif du Pérou; c'est un signe d'aristocratie d'exiger un autre titre ou de s'en servir. Ceci s'accorde parfaitement avec le système du jour : les abus sont réels, la réforme est imaginaire. Le peuple est flatté par des mots, tandis qu'il perd les avantages essentiels ; et la permission d'appeler tout le monde
citoyen est une pauvre compensation au despotisme d'un département ou d'une municipalité.
Source : Gallica

Un séjour en France de 1792 à 1795… (1872)

La venue prochaine de Lebon, notre multitude qui nous rend trop importants pour que nous soyons oubliés, tout contribue à m'acoabler et à m'alarmer. Il n'est pas jusqu'à la légèreté du caractère français qui ne cède à ce terrible despotisme ; on ne voit rien que lassitude, silence et désolation. « 0 triste loisir, poids affreux du temps! » Le béau temps revient avec la saison de l'année. Le soleil brille, mais pour ajouter à nos misères celle d'une chaleur insupportable, et les vicissitudes de la nature ne font qu'éveiller en nous le regret de ne pas en jouir.
Source : Gallica

Un séjour en France de 1792 à 1795… (1872)

Ces massacres judiciaires deviennent fréquents ; leur répétition a détruit le sentiment d'humanité et le sens de la justice. Le peuple, sanguinaire et léger, familiarisé avec les exécutions, contemple avec une égale indifférence
l'innocent et le coupable ; la guillotine n'a pas seulement cessé d'être un objet d'horreur, mais elle devient presque une source d'amusement.
Le caractère sombre et féroce de Lebon se développe d'heure en heure ; tout le département trem, ble devant lui, et ceux qui ont le moins mérité la persécution sont, avec raison, les plus anxieux.
Source : Gallica

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