Résumé

Portrait de Charles-Joseph de Ligne Charles-Joseph de Ligne Lettres et pensées du maréchal prince de Ligne

JE suis comblé de joie de la permission que Votre Majesté Impériale vient de m’accorder, d’aller me mettre à ses pieds, et de rester à Vienne jusqu’à ce que je mène en Moravie ou en Silésie, comme je l’espère, l’armée qui revient de Syrmie. Je suis plus sensible, Sire, aux grâces qu’aux disgrâces. Les soins que je n’ai cessé de donner au siège de Belgrade, et la fièvre que le quinquina n’a pu vaincre, m’ont empêché d’éprouver le chagrin que j’aurois dû ressentir de cette terrible phrase : attendez-vous aux preuves de mon mécontentement, n’ayant ni le goût, ni l’habitude de me laisser désobéir.
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Il est vrai qu’ils gagnent avec elle. Sa bonté aidée de son esprit démêle tout de suite le côté favorable de chacun, et sait en profiter pour le faire valoir. Elle trouvera le moyen de découvrir ce qui intéresse la personne la plus commune, de lui en parler comme si elle s’y intéressoit aussi, et de lui faire du bien en ayant l’air d’y prendre plaisir.
Le plus grand charme d’Éléonore en toutes choses c’est le naturel. On l’appeloit la fleur des champs. Toute entière à ses vertus, à ses enfans et à ses amis, la voilà telle que la nature l’a faite, telle que le monde n’a pu la défaire.
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La pudeur ne prête qu’un voile ; la légèreté semble donner des ailes.
Mais c’est surtout dans la conversation que cette légèreté a tout son charme. Éléonore vous fait passer si bien d’un sujet à l’autre ! elle vous promène comme dans un jardin anglois où l’on ne revient jamais par le même chemin, où l’on croit toujours voir des objets nouveaux. Son imagination, simple et animée, vous les présente comme un tableau mouvant ; on les voit, ils existent, ils marchent. Elle communique ses impressions aussi vivement qu’elle les a reçues : pour conter aussi bien, il faut aussi bien sentir.
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