Résumé

Portrait de Paul Ginisty Paul Ginisty Lettres galantes du chevalier de Fagnes (1928)

D’amères réflexions me venaient du temps écoulé sans que j’eusse eu encore l’occasion de prouver la générosité de mes aspirations.
Ainsi, tout à ces pensées, je m’attardais à marcher un peu au hasard, sans m’aviser que je m’éloignais, au lieu de me rapprocher de mon logis. Je longeais le mur d’un jardin de la rue de l’Université (je ne sus qu’après coup que je me trouvais dans cette rue) quand il arriva la chose la plus surprenante du monde. Je vis soudain choir de ce mur un homme, et si près de moi qu’il ne s’en fallût que de quelques pouces qu’il ne me renversât.
Source : Gutenberg

Portrait de Paul Ginisty Paul Ginisty Lettres galantes du chevalier de Fagnes (1928)

Je tirai aussitôt mon épée, pensant me trouver, de cette manière inopinée en face d’un malfaiteur. — « Remettez votre arme au fourreau, monsieur, et ne craignez rien : je ne suis pas un voleur, mais un amant dont les plaisirs furent malencontreusement troublés. Au demeurant, je m’excuse d’avoir failli vous mettre à mal, en semblant tomber de la lune. »
Cela était dit sur un ton de gaieté, mais avec une grâce aisée.
Source : Gutenberg

Portrait de Paul Ginisty Paul Ginisty Lettres galantes du chevalier de Fagnes (1928)

Quelqu’un dit en riant qu’il voudrait bien qu’on lui montrât des époux vraiment unis.
— J’en sais un exemple, fit M. de Chaussepierre, mais je ne puis m’empêcher de le trouver assez comique.
— Il est vrai, dit l’abbé, ayant encore la bouche pleine, que la fidélité est comique en elle-même, comme tout ce qui est contraire aux lois de la nature ; ne sont-ce pas les bêtes, s’appariant selon leur instinct, qui leur obéissent le mieux ?
— Écoute cela, dit M. de Fontpeydrouze à Mlle Beauvoisin, non sans quelque grossièreté.
— Nommeriez-vous ces époux singuliers ? demanda M. Tournay.
Source : Gutenberg

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