Jacques-Antoine-René Perrin

Résumé

Jacques-Antoine-René Perrin Les Égarements de Julie (1756)

J’entre sans lumière : on me délivre de mon argent ; on m’enferme, on ressort. Une demi-heure après j’entendis entrer quelqu’un, qui, de la meilleure grâce du monde, prévient mes caresses : le cœur me bat, je ne doute plus de mon bonheur, je réponds aux transports de ma dulcinée. Sans trop me connaître aux allures d’un tendron, je n’imagine rien de plus alerte ; l’idée remplie de Dona Thérésa, j’admire l’élasticité de sa gorge, je me figure des lèvres appétissantes, je touche des cuisses d’un merveilleux embonpoint : quelle fête pour un tempérament tout neuf !
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Jacques-Antoine-René Perrin Les Égarements de Julie (1756)

M. Démery s’en croyait seul l’auteur, il se rapportait à lui-même cette gaieté continuelle, comme un effet des douceurs qu’il me procurait ; on se persuade aisément ce qui flatte l’amour-propre : mes soins, mes caresses, mes complaisances, tout en moi lui marquait un cœur sincèrement épris, auquel il se livrait sans réserve.
Je vois qu’on fulmine contre moi : quelle noirceur, dit-on ! quelle perfidie ! voilà les femmes ! On s’exhale en injures contre tout le sexe. Voilà le discours ordinaire des gens qui ne voient les choses que d’un côté.
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Jacques-Antoine-René Perrin Les Égarements de Julie (1756)

Derval, dont je n’ai pas encore eu occasion de parler, était un jeune homme d’environ vingt-deux ans, qui chantait la haute-contre à l’Opéra qui était alors à Bordeaux. Il joignait à une fort belle voix la plus jolie figure du monde : son jeu noble et aisé était rempli de grâces. Je l’entendais et le voyais toujours avec un nouveau plaisir. Comme je ne m’étais point gênée vis-à-vis de la Valcourt sur l’éloge de son mérite, elle m’avait agacée plusieurs fois à son sujet, et m’avait même fait la niche de m’engager à un souper auquel il était prié.
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