Résumé

Évelina/Texte entier

Après cela, vous avez votre Ranelagh, dont vous faites tant de bruit ; c’est bien encore l’endroit le plus ennuyant de la terre ! Il est pire que tous les autres ».
« Ranelagh ennuyant ! répéta-t-on de bouche en bouche ; et les dames, comme si elles s’étoient donné le mot, regardèrent toutes le Capitaine avec un sourire moqueur ».
« L’entrée, reprit M. Lovel, y est à bon marché ; mais cet endroit n’est pas fait pour le vulgaire : à moins qu’on n’y apporte une certaine connoissance du grand monde, un goût sûr, des liaisons avec les gens du bon ton, on doit s’y ennuyer de toute nécessité ».
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Je voudrois, mon très-cher monsieur, que vous fissiez la connoissance de ce lord Orville : je suis persuadée que vous l’aimeriez. Il est le seul à Londres pour qui j’aie été tentée de faire un pareil souhait. Quelquefois je me représente que, lorsque l’âge aura ralenti sa vivacité, et qu’il mènera une vie moins dissipée, alors il pourra bien ressembler à l’homme que j’aime et que j’honore le plus. Sa douceur actuelle, sa politesse, une modeste défiance de lui-même, semblent présager pour l’avenir cette même bienveillance, cette dignité et cette bonté de cœur que j’admire en vous...
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Ah ! miss Mirvan, eussiez-vous jamais cru qu’un homme qui sembloit être formé pour servir de modèle, — qui approchoit de la perfection, — qu’un homme d’une politesse achevée, — d’une douceur de mœurs au-dessus de toute comparaison, — l’eussiez-vous cru, miss Mirvan, qu’un mylord Orville, auroit pu me traiter avec indignité ?
C’en est fait ! jamais je ne m’en fierai aux apparences, — jamais je n’en croirai mon foible jugement, — jamais je ne me persuaderai que, pour être homme de bien, il suffit d’être aimable. Quelles maximes cruelles la connoissance du monde n’inspire-t-elle pas !
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