Fanny Burney

Évelina (1778)

Résumé

Fanny Burney,  Évelina (1778)

“ Ah ! miss Mirvan, eussiez-vous jamais cru qu’un homme qui sembloit être formé pour servir de modèle, — qui approchoit de la perfection, — qu’un homme d’une politesse achevée, — d’une douceur de mœurs au-dessus de toute comparaison, — l’eussiez-vous cru, miss Mirvan, qu’un mylord Orville, auroit pu me traiter avec indignité ?
C’en est fait ! jamais je ne m’en fierai aux apparences, — jamais je n’en croirai mon foible jugement, — jamais je ne me persuaderai que, pour être homme de bien, il suffit d’être aimable. Quelles maximes cruelles la connoissance du monde n’inspire-t-elle pas !
”
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Fanny Burney,  Évelina (1778)

“ « Ranelagh ennuyant ! répéta-t-on de bouche en bouche ; et les dames, comme si elles s’étoient donné le mot, regardèrent toutes le Capitaine avec un sourire moqueur ».
« L’entrée, reprit M. Lovel, y est à bon marché ; mais cet endroit n’est pas fait pour le vulgaire : à moins qu’on n’y apporte une certaine connoissance du grand monde, un goût sûr, des liaisons avec les gens du bon ton, on doit s’y ennuyer de toute nécessité ».
« Ranelagh, s’écria le lord inconnu, est un endroit divin, un vrai paradis. Nous devrions y faire un tour encore ce soir ».
”
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Fanny Burney,  Évelina (1778)

“ Ce n’est point pour avoir manqué à vos devoirs, ni même par inconsidération, que vous vous êtes attiré la disgrace qui vous afflige ; vous êtes à l’abri de tout reproche, cela doit vous suffire. Munissez-vous, mon enfant, du courage qu’inspire l’innocence, et laissez votre tristesse à celui qui en est l’auteur ; il ne sentira que trop un jour les remords de sa conscience.
Ce que sir Belmont dit de moi dans sa lettre, m’est absolument inintelligible ; mon cœur, j’ose le dire, ne me reproche aucun vice : mais ai-je jamais prétendu passer pour un homme sans tache ?
”
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