Charles Sorel,
La Vraie Histoire comique de Francion
(1623)
“ Mon Dieu ! que vous êtes heureux de passer la nuit parmi de si belles rêveries ! Si j’étois comme vous, je passerois plus des trois quarts de ma vie à dormir ; car pour le moins j’aurois par imagination tous les biens que la fortune me dénieroit. Ô l’heureux Endymion que vous êtes ! Eh ! dites-moi, de grâce, de quels breuvages usez-vous pour faire de si plaisans songes ? Moi, dit Francion, je bois à l’accoutumée du meilleur vin que je puisse trouver. Si le dieu Morphée me visite quelquefois, ce n’est pas qu’il soit appelé à moi par artifice : il se tient auprès de ma couche de son bon gré. ”
