Résumé

Portrait de Théodule Ribot Théodule Ribot La durée des actes psychiques

L’expérience montre que lorsque l’intervalle constant entre le signal et l’impression augmente, le temps physiologique diminue. De plus la répétition et l’habitude ont une très-grande influence sur cette diminution. Dans une longue série d’expériences, les conditions extérieures restant les mêmes, on voit le temps physiologique devenir très-petit (quelques millièmes de seconde) ou même complètement nul.
La diminution du temps physiologique s’explique par l’état d’extrême attention qui empêche tout retard dans la perception et dans la réaction. Mais comment ce temps peut-il devenir nul ?
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Portrait de Théodule Ribot Théodule Ribot La durée des actes psychiques

Qu’on remarque bien, en effet, les conditions de l’expérience. Un homme perçoit une sensation et l’indique par une réaction, c’est-à-dire par un mouvement. La sensation, moment initial, et le mouvement, moment final, sont seuls accessibles à nos moyens de mesure. Il s’écoule entre les deux un certain temps dont une partie est consacrée à la transmission nerveuse centripète, une autre à la transmission nerveuse centrifuge. Ces deux durées étant connues, la durée de l’acte psychique proprement dit, de la perception, devient plus facilement accessible à la mesure.
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Ce caractère de discontinuité que présente le cours de nos états internes vient, comme le fait remarquer M. Wundt, de la nature de l’aperception. Notre attention a besoin d’un certain temps pour passer d’une impression à une autre. Tant que la première dure, tout notre effort tend vers elle ; l’attention n’est pas prédisposée à saisir la seconde au moment même où elle apparaît. Il y a donc un certain instant, durant lequel l’attention diminue pour la première et augmente pour la seconde : c’est cet instant qui nous paraît vide et indéterminé.
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