Louis Emmanuel Brossard

Résumé

Louis Emmanuel Brossard Le Correcteur typographe

« Quelles limites peut-on imposer à cet art universel qu’est la typographie ? » Nul ne saurait le dire : la Typographie puise dans toutes les branches de l’industrie ; elle s’alimente à toutes les sources de la richesse publique ou privée ; elle étend sur le monde ses rameaux bienfaisants et nourrit l’intelligence humaine toujours assoiffée de désirs.
« Borner son savoir à son métier », c’est n’être qu’à demi correcteur ; c’est tomber dans la méprise regrettable de ceux qui prétendent que, pour être bon correcteur, il est nécessaire d’être surtout, et presque exclusivement, typographe.
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Louis Emmanuel Brossard Le Correcteur typographe

La lecture ne s’en fait plus guère, le soir, au salon, au fumoir ou à la table familiale, à voix haute, aux oreilles attentives d’un groupe de parents ou d’amis ; c’est dans la rue, au cours du repas, dans un coin de la vaste usine ou derrière les cartons du bureau que l’artisan, l’employé, le bourgeois même dévorent des yeux le journal dont ils n’ont ni le loisir ni la volonté de lire les longues colonnes. Pendant les voyages même, le quotidien n’est plus qu’un délassement, une occupation qui repose les yeux de la vue du paysage et distrait l’esprit des inquiétudes de la route.
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Louis Emmanuel Brossard Le Correcteur typographe

Que jamais un correcteur ne s’attribue à lui-même, vis-à-vis d’un auteur, cette attitude frondeuse d’un Grosjean typographe ! Discuter, couper, changer est une manie dont certains n’aperçoivent pas tout d’abord le danger. Pour un auteur qui, d’un œil narquois, tolère la leçon, il en est vingt dont le sourire sardonique cache un mépris silencieux, il en est cent dont les reproches courroucés déchaînent la tempête.
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