Décembre-Alonnier

Résumé

Décembre-Alonnier Typographes et gens de lettres (1864)

Le public, qui n'a pas encore pu s'habituer à croire que l'imprimerie est un état manuel, plonge toujours un regard défiant et empreint d'une vive curiosité, lorsqu'il passe près d'une de ces demeures. Son étonnement augmente encore lorsqu'il en voit sortir, pour aller se réfugier dans les cabarets voisins, des hommes coiffés de toques, de bonnets de police, de mitres en papier. Leur accoutrement étrange, qu'eux seuls savent porter, leur attire, sinon le respect, du moins cet intérêt
curieux et empressé que porte le public à tout ce qui lui est inconnu.
Source : Gallica

Décembre-Alonnier Typographes et gens de lettres (1864)

« Chacun se doit à tout le genre humain. »
Donner aux siens n'est pas faire l'aumône, Donnez, donnez, vous recevrez demain.
Frères, donnez ; l'obole bienvenue Réjouit l'âme et ravive le cœur; Ainsi parfois les perles de la nue Rendent la vie au brin d'herbe, à la fleur !
La Charité, bénissant de son trône, Pour l'indigence implore et tend la main : Donner aux siens n'est pas faire l'aumône, Donnez, donnez, vous recevrez demain.
Frères, donnez ; hâtez-vous ! le temps presse, Mon cœur s'adresse à vos cœurs généreux ; Loin du séjour où le Plaisir caresse, Le pauvre est triste.
Source : Gallica

Décembre-Alonnier Typographes et gens de lettres (1864)

En littérature, il en est de même. Le public ne connaît les écrivains que lorsqu'ils sont imprimés, lorsqu'ils sont en livre ou en journal, alors qu'ils ont eu le loisir de revêtir un costume à leur goût, de prendre une pose avantageuse.
Mais le typographe, comme le pompier ou le machiniste, est placé dans la coulisse, et les détails secondaires ne lui échappent pas : il voit le rouge et le blanc; il distingue le maquillage et les faux mollets; et tous ces effets splendides qui éblouissent parfois le public n'ont pour le compositeur que de bien petites causes.
Source : Gallica

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