“ Hoffmann avait été un employé modèle. C’est un des plus beaux triomphes de l’éducation que je connaisse, l’un des plus propres à confondre ceux qui viennent vous dire qu’on est ce qu’on est, et que rien n’y change rien. Voyez Hoffmann, ce bohème, ce buveur romantique qui mettait sa gloire à n’avoir ni ordre, ni suite, ni sens commun, à n’agir que par boutades et fantaisie : si jamais homme sembla prédestiné à être la honte d’une administration, c’est bien lui. Mais l’oncle Otto croyait à l’éducation. Il s’était juré de faire de son coquin de neveu un bon fonctionnaire, et il avait réussi. ”
Hoffmann
Définition et enjeux
E.T.A. Hoffmann, figure centrale de la littérature romantique allemande, incarne le croisement unique d’artiste, d’écrivain et de musicien. À travers ses œuvres et les réflexions de ses contemporains, son parcours révèle une tension entre imagination débordante et rigueur créative.
Arvède Barine souligne son parcours inattendu d’employé exemplaire, tandis qu’Alexandre Dumas immortalise son don de transposer le réel en symbole onirique. Théophile Gautier, lui, met en avant ses premières expressions artistiques, et Hoffmann lui-même évoque les limites de son génie. Ces perspectives, issues de textes et d’analyses, dessinent un portrait d’un esprit en perpétuelle quête de transcendance.
Citations sur “Hoffmann”
Alexandre Dumas,
La femme au collier de velours
“ Alors Hoffmann put remarquer une chose curieuse : qu’elle allât à droite, à gauche, en arrière ou en avant, jamais les yeux d’Arsène ne quittaient la ligne des yeux du docteur et une visible corrélation était établie entre les deux regards. Bien plus, Hoffmann voyait très distinctement les rayons que jetait la boucle du collier d’Arsène et ceux que jetait la tête de mort du docteur, se rencontrer à moitié chemin dans une ligne droite, se heurter, se repousser et rejaillir en une même gerbe faite de milliers d’étincelles blanches, rouges et or. ”
Théodore de Wyzewa,
Revue des Deux Mondes
“ A chaque page, ce sont des confidences d’une sincérité merveilleuse, de petites scènes évoquées avec un mélange piquant de naturel et de fantaisie, des portraits dont l’allure fait songer vraiment au crayon d’un Callot ou d’un Saint-Aubin. Durant les quatre années de son séjour à Bamberg surtout, de 1809 à 1813, nous sentons que toute l’âme du jeune Hoffmann se livre à nous dans ses lettres : l’âme d’un neveu de Rameau qui serait en même temps un poète de génie. ”
