G. de Molènes

Résumé

G. de Molènes Revue des Deux Mondes

Je ne dirai pas que le roman de Sous les Tilleuls soit une œuvre irréprochable, révélant la main d’un artiste expérimenté ; je dirai que c’est une œuvre faite d’une matière précieuse, car l’or peut aussi bien être jeté dans un moule informe que dans un moule régulier, et ce qui tombait dans le moule plein d’aspérités et de défauts où M. Karr jetait sa pensée, c’était quelque chose qui vaut mieux que l’or, c’étaient les élans, les tristesses, les souffrances, le bonheur, enfin toute la vie et toute la sève de notre ame dans nos jeunes ans.
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G. de Molènes Revue des Deux Mondes

La tradition de l’Astrée était perdue au temps de l’empire, et on ne peut faire à Mme Desbordes-Valmore un reproche sérieux de ne pas l’avoir cherchée. Quant au génie de Gessner et à celui d’André Chénier, il lui était impossible d’y atteindre. Ce qui fit le talent du poète allemand, c’est un calme de cœur, une sérénité d’esprit qu’elle paraît n’avoir possédée jamais ; ce qui éleva le poète français à la prodigieuse hauteur où il s’est placé, c’est, après l’énergie de son ame, une solidité d’instruction qu’en sa qualité de femme elle est bien excusable de n’avoir même pas ambitionnée.
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G. de Molènes Revue des Deux Mondes

La dernière œuvre de Cooper, le Feu follet, est un roman maritime dont la lecture est aussi ennuyeuse qu’un voyage sur mer par un calme plat. Sans intrigue, sans incidens, sans peinture de passions ou de caractères, sans rien enfin qui éveille la curiosité, flatte l’esprit ou fasse battre le cœur, ce triste ouvrage nous promène pendant quatre volumes à travers le plus long et le plus diffus des dialogues. Comment un semblable livre est-il sorti de la plume qui traça le portrait de Bas-de-Cuir ? C’est qu’en Amérique, encore plus que chez nous, le vent de l’industrie souffle sur l’art.
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