Résumé

Hans Werner Revue des Deux Mondes

Le Commandeur. Mais qu’as-tu donc, Anna, pourquoi ces larmes ? Est-ce que tu regretterais la terre, par hasard ? Ô mon Dieu, voilà bien l’humaine créature ; son paradis, c’est l’endroit qu’elle n’habite plus. Pauvre tige qui t’inclines, songe au soleil qui va te luire, et relève la tête en cet espoir de vie et de lumière. Ô ma fille, ne sois pas indigne de ton bonheur, redeviens calme et sereine, car à l’aube nouvelle je vais te prendre par la main et te conduire devant tes aïeux. Tu les compteras tous l’un après l’autre, et tu verras quelle place nous tenons dans le ciel.
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Hans Werner Revue des Deux Mondes

Et qu’on ne s’y trompe pas, s’il n’existe point en musique d’école française, c’est à cette unité fatale qu’il faut s’en prendre. Le jour où les musiciens français auront compris qu’il est certains sujets vulgaires d’où ne peut s’exhaler aucune bonne mélodie, ils chercheront des sources plus fécondes, et peut-être seront plus heureux. Le malheur veut que nous soyons le peuple le plus spirituel de la terre, hélas ! et bien souvent l’esprit exclut la poésie. Au musicien français il faut, avant tout, un drame intéressant, une rapide succession d’événemens inattendus.
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Anna. Ô don Juan ! je suis un pauvre oiseau chétif, et n’ai d’essor que jusqu’au purgatoire ; tends avec moi ton aile, et nous irons nous réfugier aux pieds de Dieu. Don Juan, te vois-tu transfiguré, te vois-tu séraphin ? vois-tu ton ame échanger et confondre avec la mienne son parfum et sa musique ? vois-tu les anges composer avec nos deux noms un verbe pour nous appeler dans le ciel ? sens-tu battre tes ailes et couler sur nos cheveux le baptême de lumière ? Joie ineffable ! un ange ! Mais pour que le mystère s’accomplisse, il faut des pleurs, des pleurs !
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