Ernst Theodor Amadeus Hoffmann,
Contes d'Hoffmann
(1881)
“ Oui – dà, reprit Pietro, j'y ai, certes, bien songé, et plus d'une fois, mais, comme dit le proverbe, qui ne risque rien n'a rien. Or, je suis dans ce cas-là. La pauvreté donne du coeur. Si je tombe de là-haut, d'ailleurs, ma fortune sera faite. – Mais, poursuivit Antonio, si, sans risquer tes jours, tu trouvais l'occasion de gagner une bonne poignée de sequins d'or, accepterais-tu ? – Des deux mains ! s'écria Pietro ; mais qui donc, si ce n'est pas le diable en personne, me gratifierait d'une pareille aubaine ? – Moi, reprit Antonio. – Tiens, voilà cent sequins tous neufs. ”
