Jean-François Regnard

Jean-François Regnard

Résumé

Portrait de Jean-François Regnard Jean-François Regnard Le Panthéon populaire illustré… (1852)

LA COMTESSE, ANGÉLIQUE, NÉRINE.
LA COMTESSE. On dit partout, ma sœur, qu'un peu moins prévenue , Vous épousez Dorante.
ANGÉLIQUÏ. Oui, j'y suis résolue.
LA COMTESSE. Mon cœur en est ravi. Valère est un vrai fou, Qui joûrait votre bien jusques au dernier sou.
ANGÉLIQUE. D'accord.
LA COMTESSE. J'aime à vous voir vaincre votre tendresse.
Cet amour, entre nous, était une faiblesse; Il faut se dégager de ces attachements, Que la raison condamne, et qui flattent nos sens.
ANGÉLIQUE. Il est vrai.
LA COMTESSE. Rien n'est plus à craindre dans la vie Qu'un époux qui du jeu ressent la tyrannie.
Source : Gallica

Portrait de Jean-François Regnard Jean-François Regnard Le Panthéon populaire illustré… (1825)

Mais si d'un nouveau nœud je veux bien me lier, Je prétends à Valère offrir un cœur entier.
Je fais profession d'une vertu sévère.
ANGÉLIQUE.
Qui peut vous assurer de l'amour de Valère?
LA COMTESSE.
Qui peut m'en assurer? mon mérite, je crois.
ANGÉLIQUE.
D'autres sur lui, ma sœur, auroient les mêmes droits.
LA COMTESSE.
Il n'eut jamais pour vous qu'une estime stérile, Un petit feu léger, vagabond, volatile.
Quand on veut inspirer une solide amour, Il faut avoir vécu, ma sœur, bien plus d'un jour ; Avoir un certain poids, une beauté formée Par l'usage du monde, et des ans confirmée.
Source : Gallica

Portrait de Jean-François Regnard Jean-François Regnard Le Panthéon populaire illustré… (1852)

CARLIN. C'est le chevalier.
LÉANDRE. Ah!
LE CHEVALIER. Quoi! ma sœur, te voilà?
Je t'en sais fort bon gré. Viens-tu, par inventaire, Du cœur de ton amant te porter héritière ?
CLARICE. Mais dis-moi, seras-tu toujours fou, chevalier?
LE CHEVALIER. C'est un charmant objet qu'un nouvel héritier, Et le noir est pour moi la couleur favorite : Un amant en grand deuil a toujours son mérite ; Et quand, comme Carlin, on serait mal formé, Du moment qu'on hérite on est sur d'être aimét CARLIN. Comment! comme Carlin! Sachez que, sans reproche, Votre comparaison est odieuse, et cloche.
Source : Gallica

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