Anatole Posson, Un doge conspirateur (suite du Renégat de Venise… (1884)
“ Non, Bertuccio, non! pas maintenant, pas maintenant! répondit Marino Faliero. Hier, sa mort eût apaisé ma colère : elle m'eût suffi ; aujourd'hui, il me faut davantage. Il me faut une hécatombe. Il n'est plus seul coupable : ceux qui l'ont absous sont plus coupables que lui. Car, à eux, je leur ai demandé justice; et ils me l'ont refusée! Comme simple citoyen, j'ai fait valoir mes droits d'offensé; et, comme doge, comme chef de l'Etat, je leur ai demandé d'exécuter les lois. Ils n'ont écouté ni la plainte du citoyen, ni les ordres du prince de la République. ”
