Résumé

Paul Scudo Le chevalier Sarti

Je comprends très-bien, signora, dit Lorenzo avec un mélange d’ironie et d’émotion, que le fils de Catarina Sarti n’est pas digne d’aspirer à un bonheur qui appartient de droit au chevalier Grimani. Pauvre et sans aïeux, je ne puis vous offrir qu’un cœur dévoué, un amour immense. Ah! que n’êtes-vous la fille d’un gondolier, ou que ne puis-je mettre à vos pieds le trône de Venise, et vous verriez si mon cœur s’inquiéterait alors de l’opinion des hommes! C’est vous, Beata, que j’adore, et non pas le nom que vous portez.
Source : Gutenberg

Paul Scudo Le chevalier Sarti

Parlez, Beata, qu’un souffle de votre âme féconde la mienne et m’entr’ouvre les cieux. Rien n’est beau, rien n’est grand, rien n’est doux comme l’amour
Lorenzo tremblait en disant ces mots à voix basse. Beata, les coudes appuyés sur le balcon, cachait sa tête entre ses deux mains, comme pour mieux se garantir contre la séduction d’un si doux langage. «Ah! le bonheur!... répondit-elle en poussant un soupir et après avoir savouré la chaste émotion qu’elle venait d’éprouver. Et le devoir, Lorenzo, et mon père, qui mourrait de douleur!...»
Source : Gutenberg

Paul Scudo Le chevalier Sarti

J’aime beaucoup la musique; c’est un délicieux et noble délassement, qui console de bien des peines, mais qui ne peut suffire à un esprit inquiet, avide et chercheur de grandes vérités. Je ne suis rien, et je ne sais pas grand’chose. Mon esprit et mon cœur ne sont remplis que de rêves, que d’aspirations confuses, que d’élans généreux, qui peut-être n’aboutiront jamais et feront le malheur de ma vie; mais je ne donnerais pas la liberté et la béatitude intérieures [435] dont je jouis pour la gloire d’un Raphaël ou d’un Palestrina, d’un Titien ou d’un Marcello.
Source : Gutenberg

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