Charles De Coster 

Résumé

Charles De Coster  Légendes flamandes

Ha, rendez-moi plutôt ma belle forge et mes chalands anciens, et tenez-moi quitte ; ce serait acte de diable royal et qui vous siérait bien. »
Soudain la voix parla avec colère : « Forgeron, » dit-elle, « nous veux-tu payer en monnaie de singe ? La vie ne t’est viable, la mort t’est odieuse, et tu veux de gratis sept pleines, riches et joyeuses années que je t’offre présentement. Accepte ou refuse, la forge à toi, ton âme à nous, aux conditions que j’ai dites. »
— « Las ! » dit Smetse, « je le veux, puisqu’il le faut, seigneur diable. »
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Charles De Coster  Légendes flamandes

La femme, les voyant entrer, fut grandement étonnée, et Smetse lui dit : « Baille-nous vins, bruinbier, jambons, saucissons, pains, gâteaux et fromages, et du tout le meilleur qui soit en la maison. »
— « Mais, Smetse, » dit-elle, « vous abusez des biens que Dieu vous octroya. Il est bien de venir en aide aux pauvres gens, mais non de faire plus pour l’un que pour l’autre. Gueux est gueux, tous sont pairs ! »
— « Gueux ! » s’exclama le diable, « je ne le suis et ne le fus oncques. Mort aux gueux. À la potence les gueux ! »
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Charles De Coster  Légendes flamandes

La dame s’écria par peur, considérant le sang, et Magtelt vint à lui, et le Sire dit : « Quel a baillé à mon fils la honte en sa contenance, la tristesse en l’âme et les blessures au corps ? »
Le Taiseux répondit : « Siewert Halewyn. »
« Pourquoi, » dit le Sire, « mon fils fut-il présomptueux assez que de s’attaquer à l’Invincible ? »
Le Taiseux répondit : « Anne-Mie pendue au champ de potences de Siewert Halewyn. »
— « Las, » dit le Sire, « pendue notre pauvre servante ! tristesse et honte sur nous ! »
— « Seigneur Dieu, » dit la dame, « vous nous frappez bien durement. » Et elle ploura.
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