Romain Rolland,
Colas Breugnon
“ Mais toi, grison, tu ne veux point vieillir. Certes, Breugnon, mon ami, tu n’as point embelli, tu as les pattes d’oie, ton nez s’est élargi. Mais comme tu ne fus beau en aucun temps de ta vie, tu n’avais rien à perdre, et tu n’as rien perdu. Pas même un de tes cheveux, j’en jurerais, égoïste ! C’est à peine si ton poil çà et là est plus gris. Je dis : — Tête de fou, tu le sais, ne blanchit. — Vauriens d’hommes, vous autres, vous ne vous faites point de bile, vous prenez du bon temps. Mais nous, nous vieillissons, nous vieillissons pour deux. ”
