Résumé

Portrait de Jules Renard Jules Renard Débuts littéraires (1883-1890)

Une vieille femme en haillons, courbée sous une besace de pain, leur cria :
— Je vous souhaite ben de l’agrément.
Yvon avait, comme un berger d’opérette, des sabots de bois blanc d’où sortaient des brins de paille, une culotte courte et, sur sa chemise, une peau de mouton dont les deux pattes de devant se nouaient autour du cou.
Yvone, en corset, portait une jupe à grandes raies rouges sur fond bleu. Ils se poussaient et se bousculaient, comme ivres, et Yvone l’était un peu de tout le plaisir qu’elle se promettait au carnage des oiseaux.
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Portrait de Jules Renard Jules Renard Débuts littéraires (1883-1890)

Il vit sa femme et Comtal se perdre dans la foule. Ses yeux luisaient dans sa figure couleur de bile.
— Il est pris, se dit-il, et, dans l’auberge qui ne désemplissait pas, sa jambe de bois frappait le carreau d’une manière sonore, sûre d’elle-même comme une vraie jambe.
Cependant Justine, en fichu bleu, plus fraîche et plus rouge, marchait près de Comtal, hardie et multipliant ses phrases : “ Personne ne lui en imposait ! ”
— Pas même quelqu’un de complet ? dit Comtal.
— Vous êtes malicieux.
Comme un homme fort, et quoique recherché dans sa tenue, il lui offrit le bras.
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Portrait de Jules Renard Jules Renard Débuts littéraires (1883-1890)

Quand le bachot fut assez ouaté, il revint à Benoit et se mit à le déshabiller.
Benoit ronflait, et Moru, qui se dégrisait de plus en plus à Pair vif, bien sûr que l’ami ne se réveillerait pas, chanta, histoire de l’accompagner, un chant bas, monotone et lent, mêlé aux bruits de l’air comme si tout se fût uni pour endormir l’ivrogne, un vrai chant d’Indienne qui berce son petit.
Il plia avec soin la soutane, le pantalon qu’il enleva sans trop de peine. Ce fut plus difficile pour la chemise. Benoit parut de temps en temps secoué d’un petit frisson.
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