Jules Renard,
Le Coureur de filles
“ Raponot n’entrait pas, mais il prenait, joyeux en dedans, le verre que lui tendait le vieux par la fenêtre, et tous les deux buvottaient le vin nouveau, avec la même attention et une égale connaissance de ses vertus. Du côté de la cheminée ils entendaient le souffle flûteur de la vieille sur ses pommes de terre. — La cousine mange, disait Raponot. — Non, elle bâfre et ne fait que ça. À son âge, elle a encore le ventre dur comme de la tôle, comme une femme pleine qu’elle n’a jamais pu être. Elle détruit toutes les pommes de terre, et ne m’en laisserait pas une, allez, la dévorante ! ”
