Résumé

Portrait de Rachilde Rachilde Le Démon de l'Absurde

Les allées s'enfonçaient, toutes noires, les arbustes entortillés de liserons ondulaient comme des panaches de fumée, les grands arbres se mêlaient aux nuages, et la lune, se levant, prenait dans les feuilles des aspects d'œil jaune, tout à l'imitation de la lucarne du grenier. Soudainement, la pensée que là-bas, entre le second et le dernier buis, il se trouvait une fosse creusée, me fit dresser les cheveux sur le front. J'avais creusé une fosse, moi, une tombe, comme pour y enterrer un mort... Une tombe qui attendait la femme pendue, le revenant!
Source : Gutenberg

Portrait de Rachilde Rachilde Le Démon de l'Absurde

J'ai vu, un soir que je vous mettais une pelisse de fourrure sur les épaules en sortant d'un bal, j'ai vu dans un miroir sourire voluptueusement une dame qui vous ressemblait, ma mère!... Un matin que j'attendais ma cousine Sylvia, me morfondant derrière sa porte, un bouquet d'orchidées à la main, j'ai vu cette porte s'entrebâiller sur une glace immense où se reflétait une belle fille nue à la pose provocante!... Les glaces, ma mère, sont des abîmes où sombrent à la fois et la vertu des femmes et la tranquillité des hommes.
Source : Gutenberg

Portrait de Rachilde Rachilde Le Démon de l'Absurde

Dédaigneux de retirer le cadavre, tous ivres déjà, plus grisés par la tuerie que par la vendange, ils burent, en blasphémant la femme, l'horrible liqueur empoisonnée d'amour; et cette nuit même, pendant que retentissaient au loin des hurlements de bêtes inconnues, que l'atmosphère se saturait d'une odeur de soufre, que la tour géante prenait des pâleurs de squelette sous la morne clarté de la lune, ceux de Sodome commirent, pour la première fois, le péché contre nature en les bras de leur jeune frère Sinéus, dont l'épaule douce avait la saveur du miel.
Source : Gutenberg

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