J. H. Perreau

Résumé

J. H. Perreau Croquis parisiens (1897)

Alignées comme un jeu de massacre, dans leur boîte de carton blanc, des poupées blondes et brunes, en chemise pour la plupart, de leurs yeux éternellement bleus, de leurs yeux emplis de candeur et de rêve, regardent lointainement des choses non vues, des choses d'au delà.
Les yeux noirs sont trop méchants, et jamais, pour les petits enfants, on n'a fait de poupées aux yeux noirs.
Mais là-bas, sur une table, s'étale le jouet à la mode : le chemin de fer à catastrophe, il fait fureur, et il y a foule.
Source : Gallica

J. H. Perreau Croquis parisiens (1897)

L'autre jour, j'ai voulu revoir la sinistre place avant qu'à jamais elle tombât dans l'oubli, et, à l'heure où les jours d'exécution capitale la foule grouille en quête d'émotions, j'ai monté la rue de la Roquette.
Quelques passants attardés; déjà des maisons endormies il est à peine onze heures des gaz qui vacillent comme des veilleuses, c'est l'aspect sinistre des lieux inhabités! Au milieu, la rue qui continue, droite; la RUE dont les pavés luisent, comme sous les rayons de la lune, l'eau courante d'un ruisseau.
Source : Gallica

J. H. Perreau Croquis parisiens (1897)

Tout à coup, pris de peur, le chat tressaute, glisse sur le zinc en pente et tombe en tournoyant les pattes étendues, se retourne en arrivant à la grille, s'y accroche, et, aplati, reste coi, comme mort.
Ah! mon Dieu, mon pauvre matou! pleure une voix; et une tête de vieille apparaît sur la barre d'appui, au quatrième.
Il y a maintenant quarante visages aux fenêtres : on rit, on jabote, la cour se remplit de voisins attirés par le bruit, seulement, comme d'en bas, il est impossible de savoir ce qu'il y a, vu que le
chat est invisible sur son grillage, on s'interpelle de croisée à croisée.
Source : Gallica

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