Résumé

Les rassemblements : physiologies de la rue (1896)

“ L'attente n'est pas tout à fait un emploi de la vie à rebours. Elle importe même dans le règlement de vie des exaltés. Qui n'attend pas devant un mur ? Il est possible de dire que, lorsqu'on n'est plus du côté du mur où l'on attend, on est de l'autre, du côté des ossements. Vous avez déjà deviné que, derrière ce mur, ce n'était pas autre chose qu'un cimetière.
D'habitude, on n'attend que des nouvelles glorieuses, enchantantes. La malice est contre nous ; le verre opaque se brise et nous nous sauvons, s'il est temps encore, de ce que nous désirions apprendre.
”
Source : Gallica

Les rassemblements : physiologies de la rue (1896)

“ IL se sent très petit dans la voiture énorme. Très petit, vraiment. Et très seul. Oui, il y a quelqu'un à côté de lui quelqu'un qui le gêne, dont il senties côtes, dont il sent les pieds, le coude et les aiguillettes, quelqu'un qui l'empêche d'allonger les jambes et d'élargir son âme, mais il ne peut le regarder, lui parler, lui sourire. Et, en face, il y a d'autres aiguillettes et d'autres décorations mais il ne voit que le dos du cocher, immense, majestueux, un dos d'ancien cuirassier, et ça l'impressionne. ”
Source : Gallica

Les rassemblements : physiologies de la rue (1896)

“ Et le cheval, dont l'oeil devient vitreux, cherche de sa bouche presque froide le bois de sa mangeoire, à mordre, à mordre, avant de passer. Non, c'est le pavé, le pavé de pierre. Et le cheval gonfle. Il ne sera pas saigné. Que voulez-vous ? L'agent ne peut pourtant pas le saigner avec son sabre? C'est peut-être avec sa langue que le saignera le marmiton qui là-bas et qui, d'indignation, fait danser sa manne sur toque écumeuse. Alors? alors ? Et l'Urbaine, se tait, philosophe
IV
Le cheval est mort. La voiture s'en fut et le cocher s'en fut et l'Urbaine et l'agent et la foule.
”
Source : Gallica

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