Résumé

Fagus Les éphémères. Numéro 10 (1925)

Sortant de Notre-Dame, à la Morgue je descendis. Descendis, je le répète, bien qu'égal le pavé s 'y poursuive : en conformité de l'émoi de nos pères, approchant de l'aile des anges l'Hôtel-Dieu pour toutes les misères du corps, la Morgue, où se délivrent les misères de la vie. La Morgue, jadis au Marché-Pallu, sous le Petit-Pont, avant de gésir au chevet de la Cathédrale ; la Morgue, reléguée je ne sais où, laïcisée en Dépositoire, Institut médico-légal : que sais-je ? Savoir qu'on mourra du moins sous Ses yeux, ou reposera, un instant du moins, à Ses pieds !
Source : Gallica

Fagus Les éphémères. Numéro 10 (1925)

Et, comme s'écoule la foule, crépitante de bravos, de dessous la baraque s'évade, file entre les pavés, s'évanouit dans la nuit, un énorme rat gris, un monstrueux rat d'égout.
TIENS, UN RAT !...
Comme je déplaçais de gros livres, j'éprouve une résistance qui remue, un trémoussement, j'entends un petit cri : un rat jaillit, un diable, un gros rat gris : comme un projectile il bondit, glisse sur le plancher et le voilà hors de vue. Je
le découvre enfin dans un angle noir, tapi derrière le pied du fauteuil : et j'accours, canne au poing; mais le voilà déjà derrière le gros poêle de faïence.
Source : Gallica

Fagus Les éphémères. Numéro 10 (1925)

Les yeux durs ne daignent rien voir ; au-dessus de son ventre maigre se roidit son maigre torse et ses jambes sont cambrées comme pour un défi.
Sur le couple grêlent les gros sous, et dans cette rue ouvrière où, comme en tant d'autres, je ne vis jamais se tendre une main vers la plus déchirante infortune, le petit pillard muet, l'étranger aux
yeux mauvais, pourchasse l'argent de France d'un geste, d'un regard, qui voudraient darder des coups de couteau.
Source : Gallica

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