“ Vaguement, nous distinguions dans l’ombre des groupes silencieux, marchant à pas rapides. — « Ils y vont, nous dit Jacques, haussant les épaules... des idiots ! ils ne verront rien. » Nous les dépassions, et au bout d’une montée pendant laquelle le cheval avait un peu ralenti son allure, le coupé s’arrêtait. — « On ne va pas plus loin, » nous cria le cocher. Nous descendîmes, étonnés d’être si tôt rendus. Sur le trottoir, à droite et à gauche, des groupes sombres, et barrant la chaussée, un cordon de gardes de Paris, l’arme au pied. ”
Henri Lavedan
Résumé
“Il est l’heure”, est une œuvre de Henri Lavedan. Des thèmes tels que Deibler, le trottoir ou manche y sont abordés.
Citations de Il est l’heure (Henri Lavedan)
“ « Un doigt de vin, voulez-vous ? » Le prêtre est là qui ne le quitte pas, le bon Dieu à la main... Et rapidement on le ligotte, on le prépare... Et puis ceci... Et puis cela... Déjà il doit descendre, s’avancer par les longs corridors... Ça ne peut plus tarder maintenant... Une question de minutes ! Patience ! Patience ! » Il faisait clair à présent, et dans le ciel limpide fondaient les dernières étoiles. Tout le monde se serrait, se tassait contre les sergents de ville échelonnés sur le bord du trottoir. Devant la guillotine, M. Deibler, fébrile, allait et venait, tapant des pieds. ”
“ Tous ceux qui m’entouraient sans doute éprouvaient une sensation pareille, car ils avaient cessé de parler, demeurant debout, alignés sur le trottoir, dans un recueillement abattu. La colère déchaînée au début contre l’assassin s’était évanouie ; chacun à présent se sentait gagné par une immense pitié. On oubliait la faute, on pardonnait le meurtre d’autrui. Pas de mort ! Plus d’échafaud ! Soyons indulgents ! Qu’il vive ! qu’il vive !... ”
