Résumé

Portrait de Colette Colette,  La maison de Claudine

“ Un chat, deux chats s'étirent, bâillent, tâtent le gravier sans confiance: ainsi font-ils après l'orage. Ils vont vers la maison, et la Petite, qui marchait à leur suite, s'arrête; elle ne s'en sent pas digne. Elle attendra que se lève lentement, sur son visage chauffé, noir d'excitation, cette pâleur, cette aube intérieure qui fête le départ des bas démons. Elle ouvre, pour un dernier cri, une grande bouche aux incisives neuves. Elle écarquille les yeux, remonte la peau de son front, souffle «pouh!» de fatigue et s'essuie le nez d'un revers de main. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Colette Colette,  La maison de Claudine

“ Ayant éteint ma lampe, j'ouvris ma fenêtre pour guetter, au bout d'un jardin violacé de lune, la maison mystérieuse qui tenait clos tous ses volets. J'écoutai, comprimant mon coeur battant contre l'appui de la fenêtre. La nuit villageoise imposait son silence et je n'entendis que l'aboiement d'un chien, les griffes d'un chat qui lacéraient l'écorce d'un arbre. Puis une ombre en peignoir blanc — ma mère — traversa la rue, entra dans le jardin d'En-Face. Je la vis lever la tête, mesurer du regard le mur mitoyen comme si elle espérait le franchir. ”
Source : Gutenberg

Portrait de Colette Colette,  La maison de Claudine

“ Je m'en fus à la cuisine où Musette nourrissait, en effet, un monstre à robe cendrée, encore presque aveugle, presque aussi gros qu'elle, un fils de chien de chasse qui tirait comme un veau sur les tétines délicates, d'un rose de fraise dans le poil d'argent, et foulait rythmiquement, de ses pattes onglées, un ventre soyeux qu'il eût déchiré, si... si sa mère n'eût taillé et cousu pour lui, dans une ancienne paire de gants blancs, des mitaines de daim qui lui montaient jusqu'au coude. Je n'ai jamais vu un chiot de dix jours ressembler autant à un gendarme. ”
Source : Gutenberg

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