Colette,
Les heures longues, 1914-1917
“ L'automne, à regret, descend du haut des monts. Lanzo d'Intelme, là-haut, baigne déjà dans un or roux, léché de violet, qui coule avec les bois le long des pentes; Lanzo d'Intelme qui regarde la Suisse, les Alpes aériennes, Lugano et son lac froid, vert comme une pierre de jade.Mais ici, sauf la brume du matin, qui apaise et lustre le lac, sauf quelques marronniers d'où pleuvent les fruits et les feuilles, c'est encore la journée d'été. Des roses jaunes, des roses rouges, des héliotropes mauves comme le lac à l'aube, des balisiers en flammes, des géraniums,—c'est la flore de juillet. ”
