“ Si vous voyez du Camp, ne lui dites pas que je vous ai commu- niqué son affaire. Babou m’a joué un cruel tour. Il croit donc que la plume est faite pour faire des niches. Je viens de recevoir une longue lettre de Sainte-Beuve. Même quand on croit posséder la vérité, il faut la cacher, si l’on prévoit qu’elle peut faire de la peine à un camarade. Babou sait bien que je suis très lié avec l’oncle Beuve, que je tiens vivement à son amitié, et que je me donne, moi, la peine de cacher mon opinion, quand elle contrarie la sienne. ”
Citations sur “Babou”
Rudyard Kipling,
La cité de l'épouvantable nuit
“ Un autre indigène, un Babou de construction lourde, en robe noire et coiffé d’étrange façon se lève.Une bande d’étoffe, blanche comme la neige, est jetée, à la façon d’un plumeau, par-dessus ses épaules. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Il y a pourtant quelque chose de changé depuis huit ans. Comment suis-je parti pour l'Afrique?... Tu l'as su, René, tu l'as su... Eh bien ! depuis ce temps-là, quand ma chandelle est éteinte, la nuit, je ne puis écarter de mes yeux une apparition, une vision : c'est une main de femme pâle comme la cire et toute brillante pourtant ; la main qui a tenu ma baguette pendant l'orage, la main qui a balancé la hachette sur le front de saint Sicre, la main qui m'a été tendue du haut d'un grenier, cette main longue et pâle qui a fait deux fois mon portrait ! — Roseline, Roseline ! ”
Urbainie Faydit de Terssac, À travers l’Inde en automobile
“ J’interroge un des indigènes qui regarde tomber la pluie, nonchalamment couché sur un morceau de nattes ; il me répond par un flot de paroles inintelligibles en faisant le geste de manger, et répète souvent « babou, babou ». Comme dîner ce serait coriace le babou !... Il vaut mieux ne songer à rien et jouir béatement de ce refuge inattendu. ”
Charles Baudelaire,
Œuvres posthumes
(1887)
“ Toutes les haines s'apaisent, même les haines littéraires. Un jour vint où Sainte-Beuve, cédant à sa conscience de critique, éprouva le besoin de donner un public témoignage d'estime à l'un des esprits les plus fins et les plus judicieux de son temps. Un article publié, dans le Constitutionnel, sur le recueil les Poètes français, où Babou avait écrit un certain nombre de très remarquables notices, lui fournit l'occasion de décerner à son ancien ennemi des louanges méritées. ”
Pierre Dufay, Autour de Baudelaire : Poulet-Malassis… (1931)
“ Nombre de ces lettres ont trait aux volumes de Babou : les Païens innocents dont deux nouvelles, « Le dernier Flagellant » et l' « Histoire de Pierre Azam » reviennent souvent sous sa plume ; Lettres familières écrites d'Italie à quelques amis en 1739, du président de Brosses, dont il faut hâter la publication, car l'éditeur Didier en a également à l'impression une édition qui paraîtra la même année, enfin les Lettres artistiques et critiques, pour lesquelles, en manière de préface, Babou, rédige un « Défi au lecteur ». ”
Pierre Mille,
Anthologie des humoristes français contemporains
“ Jamais homme, dit encore de lui Hippolyte Babou, n’a été plus embarrassé que lui des fonctions, des dignités ou des honneurs qu’il a obtenus, après les avoir convoités, en feignant de les écarter de son chemin... ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Celle-ci voyage à cheval, la jupe troussée sur un pantalon de garçon, et, jambe de ci, jamb de là, court par monts et par vaux sans peur ni vergogne. Elle connaît l'univers entier, elle parlerait au Pape comme à un mendiant ; c'est une commère dangereuse, elle a une langue de vipère et un front d'airain. Son regard impudent me fit rougir. Elle m'avait deviné malgré mon costume, et je fus aussitôt te but des plaisanteries les plus malséantes... — Lesquelles, lesquelles? demanda naïvement Raoul Collet, avec celte inconvenance de faquin qui ne déplaît pas trop en province. ”
Auguste Vacquerie,
Odes funambulesques (2e éd.)
(1859)
“ Là, Guichardet, pareil aux dieux, Montre son nez vermeil et digne. ODES FUNAMBULESQUES. 229 On voit le doux Asselineau Près du farouche Baudelaire. Comme un Moscovite en traîneau, On voit le doux Asselineau. Plus aigre qu'un jeune cerneau, L'autre est comme un Goethe en colère. On voit le doux Asselineau Près du farouche Baudelaire. On y rencontre aussi Babou Qui de ce lieu fait sa Capoue. Avec sa plume pour bambou On y rencontre aussi Babou. A sa gauche, un topinambou Trousse une ode topinamboue. On y rencontre aussi Babou Qui de ce lieu fait sa Capoue. ”
Victor Advielle, Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme… (1884)
“ Avant de terminer ce livre que nous consacrons à la mémoire du martyr de l'an V, qu'il nous soit permis de réunir ici, comme conclusion, certains détails qui aideront à mettre mieux en lumière les doctrines du Babouvisme. Du temps de Babeuf, la misère était horrible dans nos campagnes du Nord ; la féodalité absorbait tout, laissant rarement une place aux hommes supérieurs que l'intelligence faisait parfois éclore du sein des dernières couches du peuple. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Les montagnes chatoyaient dans l'atmosphère embrasée ; le ciel était rouge comme la voûte d'une fournaise. — Monsieur le curé, demanda la servante, c'est bien à la Couarde, n'est-ce pas, que sont les coffres-forts de M. Rouziac? L'argent de l'étameur fondra plus vite aujourd'hui que son étain autrefois. — Taisez-vous, mauvaise langue ! dit sévèrement l'abbé. Taisez-vous, et tirez les rideaux. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ L'aubergiste fumait sa pipe, adossé à la croisée ; il avait la placidité railleuse d'un maître jovial qui berce son oisiveté de cette pensée consolante: « Tout le monde travaille pour moi ! je puis dormir. » Dans sa large poitrine athlétique, Mercadié logeait et choyait l'âme paresseuse d'un roi d'Orient. ”
Anonyme, Le Livre des mille nuits et une nuit
“ Et, dans ce jeu du chien avec la babouche, celle-ci fut soudain lancée au loin ; et le destin funeste la fit tomber de la terrasse sur la tête d’une vieille qui passait dans la rue. Et le poids formidable de la babouche bardée de fer écrasa la vieille, en faisant entrer sa longueur dans sa largeur. Et les parents de la vieille reconnurent la babouche d’Abou-Cassem, et allèrent porter plainte au kâdi, en réclamant le prix du sang de leur parente, ou la mort d’Abou-Cassem. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ J'irai donc à la Couarde sans retard; et, puisque vous n'êtes pas raisonnable, je m'adresserai directement aux Dames noires, qui me comprendront tout de suite, j'en suis persuadé. — La Couarde ! les Dames noires ! Qu'est-ce que ça signifie? De qui parlez-vous ? s'écria l'Auvergnat rouge de colère. — Sauf votre respect, je parle de Saint-Jean, votre maison de plaisance, et des bonnes dames Rouziac, votre femme et votre fille. Si je vous ai fâché, c'est bien sans le vouloir. Je suis presque un étranger, moi, et je ne croyais pas mal faire en suivant les coutumes du pays. ”
Victor Advielle, Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme… (1884)
“ Babeuf mort, le Babouvisme ne fut pas éteint. Le Tribun avait laissé partout de si nombreux disciples, convaincus, zélés, dévoués, que pendant longtemps ils continuèrent à propager sa doctrine dans la presse et dans les réunions publiques; mais leur efforts furent impuissants à créer un courant d'idées qui s'imposât à l'esprit public, et ils ne purent que constater qu'à des temps nouveaux il fallait des hommes nouveaux. ”
Auguste Callet, La légende des Gagats, par Auguste Callet… (1866)
“ Sans compter le Babô et le Cular, dont je n'ai pas eu occasion de parler, et dont la mémoire vit encore chez les Gagats.— On donne quelquefois au Babô (c'est la baboue de Rabelais) la figure d'une bête fauve, et quelquefois la figure d'un enfant. C'était sans doute aussi un dieu déchu, et comme son nom semble l'indiquer, un nain ou mab, ou par permutation de l'initiale, un bab (baby, en anglais ; bébé et bibi, en français) . — Quant au Cular, on nous le peint aussi sous la forme d'un nain, portant sur le dos une lanterne, non pour guider, mais pour égarer les passants. ”
Victor Advielle, Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme… (1884)
“ Les principes généraux du Babouvisme sont résumés dans le Manifeste et dans l'Analyse; et ce sont ceux là que l'on cite toujours, en parlant de Babeuf; cependant entre ces documents et les écrits émanant de Babeuf luimême, ilyaun écart considérable, et l'on se tromperait fort si on n'étudiait le Tribun qu'au travers du Manifeste et de Y Analyse. Dans ces écrits, dont il a tout simplement assumé la responsabilité, Babeuf n'est que le bouc émissaire du parti radical, qui en avait fait son porte-voix. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Des nuages de poussière annoncèrent bientôt, en effet, l'arrivée des bestiaux et do leurs conducteurs ; tumultueux bataillons, que l'aiguillon et le fouet chassaient pêle-mêle vers l'auberge. Cependant les ombres du soir grandissaient; le soleil, déjà caché derrière l'horizon, éclairait d'un reflet tremblant les sommets les plus élevés des Serres-Lisses. Quand le plus éclatant de ces points lumineux s'éteignit, la cloche de Rabastens sonna , lentement un glas argentin. Jamais bourdon de cathédrale déplorant à toute volée la mort d'un homme puissant ne m'a aussi fortement ébranlé le coeur! ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Pierre Azam, je dois le dire, ne démentit pas alors cette vision réfléchie : dans ses mouvements spontanés, d'une naïve élégance, rien ne trahit l'éducation laborieuse du saltimbanque ou les artifices savants de l'histrion. II dansa comme une source jaillit, comme une onde se déroule, comme un éclair se déploie, comme un lion s'élance! Et pourtant la tendre Mion ne put se défendre d'une vague crainte ; elle me dit tout bas, en se serrant contre Toinet : — La ceinture de Pierre est trop longue, la corde n'est peut-être pas assez forte. Si le bout de la ceinture s'engageait dans la corde ! ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Quand le démon de la curiosité s'est logé dans une cervelle de femme ou d'enfant, il faut que la curiosité soit satisfaite ou que la cervelle éclate comme une machine à vapeur. Je résolus un jour, pour mon malheur, de céder à la tentation du démon. Les croisées de la bibliothèque s'ouvraient sur le jardin. Or, au fond du jardin, il y avait un arbre assez haut, un sapin, si je ne me trompe, tout juste en face de ces croisées. Je grimpai sur l'arbre et ne vis rien; mais j'avais été aperçu : dom Bazin condamna le sapin au feu. ”
Henri Babou, Vie du frère Jean, fondateur de l'hospice de Galan… (1889)
“ Le contrôleur ayant indiqué la somme à payer, une voisine de place s'écria : « Vous quêtez pour les pauvres et vous voulez payer une somme que vous ne devez pas ? — Comment, ma chère, vous voulez que je laisse payer la receveuse; mais, pauvre de vous, est-ce qu'il ne faut pas être juste avant tout? » A ces mots, qui auraient fait reconnaître le frère Jean de tous ceux qui l'avaient entendu une fois, du fond du wagon, où chacun admirait la conduite du bon Frère; une voix s'éleva : « Bravo ! frère Jean, payez, payez, tout vous sera remboursé ! » ”
Victor Advielle, Histoire de Gracchus Babeuf et du babouvisme… (1884)
“ De son côté, Dubois de Fosseux, par une fatalité, diabolique, ne cesse maintenant de parler à Babeuf d'un --. ouvrage qui'a pour titre : Changement du monde entier ouvrage, qui, en certaines de ses parties, au moins les principales, semble contenir la doctrine des Babouvistes : tout sera en commun; tous les individus des deux sexes seront nourris par l'Etat; ils recevront tous les jours, leur vie durant, pour déjeuner et dîner, des objets de consommation qu'on détermine ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Mes deux soeurs se sont mariées loin d'ici : elles ont épousé, à Cette, deux fabricants de vin de Madère, les sottes ! Celui qu'il eût fallu épouser, n'est-ce pas Pierre Azam? — Venez, ajouta-t-elle en me prenant par la main, entourons le peuplier, et criez comme autrefois avec Pierre : « Jean-de-l'Ours ! Jean-de-l'Ours ! » Et, si vous obtenez une réponse, je vous donnerai un merle blanc. La face tournée vers l'Orient, c'est-à-dire vers Laurac, j'appelai deux fois Jean-de-l'Ours, comme l'avait demandé Roseline. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Assez lettré, sous des dehors rustiques, il se pique de correction en patois, et il émerveille souvent ses paysans par l'élégante simplicité de ses prônes du dimanche. Sa figure épanouie respire la bonté ; une malice innocente relève quelquefois sa lèvre vermeille. On ne lui connaît guère qu'une passion ; mais elle lui coûte fort cher : il collectionne à grands frais toutes les variétés de l'espèce volatile, et jamais ses convives n'ont eu à se plaindre de ce goût de fermier naturaliste. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Une riche marâtre laisse mendier sur les chemins les enfants du premier lit de son mari ; un impitoyable usurier a mis sur le pavé toute une famille de travailleurs ; un tuteur libertin a dévoré le bien de ses pupilles ; un maquignon a livré une vieille rosse pour un bon cheval ; un boucher a affiché de lu vache pour du boeuf ; un mercier a vendu du coton pour du fil ; un boulanger a donné un coup de pouce à sa balance ! — Pierre Azam écoute ces plaintes et les vérifie ”
Henri Babou, Vie du frère Jean, fondateur de l'hospice de Galan… (1889)
“ Un trait qui peint bien la bonté de son cœur, c'est sa rencontre avec une dame dont il devint dans la suite l'ami dévoué. Il se trouvait à Luz, en train de faire la quête dans les Pyrénées. Mme B. était venue aux eaux de Saint-Sauveur et elle était descendue à Luz afin de savoir si elle pourrait trouver une voiture pour aller à Gavarnie. Pendant qu'elle parlementait avec les cochers, le frère Jean s'avança et, voyant l'embarras de cette dame qui ne savait qui entendre, il la prit à part, en lui faisant observer combien elle se risquait à aller seule dans un pays qu'elle ne connaissait pas. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ A genoux, pécheur, à genoux ! Et Jeanne Sidobre frappait toujours, comme si chaque parole et chaque mouvement lui eussent prêté Une nouvelle énergie. L'assemblée faisait silence, attentive, inclinée, haletante, et pourtant moins troublée de ce spectacle que les animaux dont les ombres se mouvaient derrière elle. Une rumeur d'inquiétude et d'épouvante grondait par intervalles le long des crèches. Les boeufs se soulevaient, allongeaient le cou, soufflaient et retombaient oppressés. Les mulets hérissaient leur crinière et bondissaient sous leurs pelils cavaliers. ”
Henri Babou, Vie du frère Jean, fondateur de l'hospice de Galan… (1889)
“ A dix heures, on signale une voiture. La cloche sonne, les pauvres se rangent dans la cour, les invités sous la galerie ; mais on ne vit descendre que le R. P. Sempé, qui annonça que Monseigneur avait été empêché de venir. « J'étais auprès du frère Jean, dit un témoin oculaire. Il est difficile de dépeindre le désappointement complet qui se montra sur sa figure; mais ce ne fut qu'un éclair. Après avoir salué humblement le R. P. Sempé, il monta à la salle à manger. « Allons, dit-il, la volonté de Dieu. » ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Chaque journalier tire à droite ou à gauche, selon sa fantai-sie. J'en vois un qui bâille comme une huître, un autre qui bat le briquet en mesure, un troisième qui se mire amoureusement dans le goulot de sa bouteille, un quatrième qui bavarde de long en large sur le tiers et le quart... Arrêtons-nous là : quand il s'agit de babil, les femmes se montrent cent fois plus diligentes que les hommes. ”
Auguste Ménégaux, La vie des animaux illustrée (1903)
“ Le Papion Babouin. sont un peu allongés. La couleur du corps, des poils des mains et des pieds est jaune brun clair; celle du dos est un peu plus foncée, tandis que celle de la figure est plus blanchâtre. Les parties nues de la figure, des mains et des pieds sont noires. Habitat. — Le Babouin habite l'Abyssinie occidentale, où on le rencontre jusqu'à 1700 mètres d'altitude; dans l'Afrique centrale et orientale, à Urua, Katanga, près du lac Tanganyika, jusqu'au fleuve Coanza, à Kilimandjaro, dans Je Zambéni et le Mozambique. ”
Hippolyte Babou,
Les païens innocents (Nouvelle édition…
(1878)
“ Si les montagnards m'avaient écouté, les murs de la Couarde seraient encore debout. Mais ces enragés n'ont voulu épargner que les magasins où se trouvaient les fourrages que je venais d'acheter. — Mercadié, Mercadié, ne parlez pas si haut 1 dit le curé avec cet accent théâtral qu'il prenait, comme on sait, dans les grandes occasions ; Mme Rouziac se repentirait peut-être de sa bonté. Après votre conduite à la Couarde, si nous l'avions voulu, nous pouvions vous perdre. Mais, puisque la justice humaine vous laisse en repos, songez à Injustice divine. ”
