Résumé

Portrait de Émile Guimet Émile Guimet Promenades japonaises—Tokio-Nikko

Vous aimez quelqu’un ?
— Oui, répondit faiblement Mmégaé en fermant toujours les yeux.
— Vous aimez Korétoki !
Mmégaé cacha son visage avec sa large manche et sanglota. Quand elle put parler :
— Oh ! dit-elle, n’élevez pas ainsi la voix. Si l’on nous entendait ! Et, regardant Matsoué dans les yeux, elle ajouta à voix basse :
— Oui, j’aime Korétoki, oui, je l’aime de toutes mes forces et je ne puis m’empêcher de penser toujours à lui. Mais, ma chère Matsoué, maintenant que je vous ai ouvert mon cœur, c’est à votre tour de me faire des confidences.
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Portrait de Émile Guimet Émile Guimet Promenades japonaises—Tokio-Nikko

Tous les pèlerins qui sont dans le temple se prosternent devant lui ; mais, pas plus que nous, il ne dépasse le rideau saint ; incliné devant les lourds glands de soie blanche et violette qui ornent la riche étoffe, il frappe dans ses mains deux fois et murmure une courte prière adressée à Yeyas, le dieu. C’est bien le culte augustal, tel que l’avaient imaginé les Romains ; l’empereur mort devenait dieu, on lui élevait des temples ; au Japon il suffisait d’être grand ministre, — et de mourir, — pour avoir ces honneurs.
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Portrait de Émile Guimet Émile Guimet Promenades japonaises—Tokio-Nikko

C’est Quanon qui est venu mettre fin aux crimes de la vieille. C’est Quanon qui a voulu sauver sa fille en lui faisant racheter par un dévouement sublime toute une vie de perversion et d’horreurs.
Alors la femme, cachant sa figure sous sa longue manche, se retire la tête baissée et marche chancelante jusqu’à la mare qu’a traversée le dieu. S’avançant dans l’eau, elle s’y laisse tomber et se noie en poussant un sanglot de désespoir.
On nous montre, près du grand temple, la mare de la vieille femme, mare vénérée, puisqu’elle fut témoin d’une des trente-trois incarnations du dieu Quanon.
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