Rêver
Définition et enjeux
Citations sur “rêver”
Amédée Marteau, Espoirs et souvenirs : poèmes (1867)
“ Rêver, c'est augmenter son être & sa pensée, Épanouir son cœur, comme la fiancée Sous le regard de son amant ; Rêver, c'est écouter les voix mélodieuses Qui nous parlent du haut des sphères radieuses Dont est peuplé le firmament! Rêver, c'est fuir le mal, les tristesses amères ; Rêver, c'est caresser de lointaines chimères Qui deviendront réalité ; C'est prendre son essor vers ces limpides voies Qui mènent au pays des amours & des joies. ”
Gustave Flaubert,
Œuvres de jeunesse
“ Qu’il est doux de rêver ainsi, en écoutant avec délices le bruit de ses pas sur les feuilles sèches et sur le bois mort que le pied brise, de se laisser aller dans des chemins sans barrière, comme le courant de la rêverie qui emporte votre âme ! ”
Anne-Marie Huguenin,
Premier péché
“ Rêver ainsi, vivre d’illusions, se laisser bercer par la chanson ancienne, la pensant nouvelle, croire au bonheur une minute, une seule minute, et lorsque le songe est fini, voir encore dans le lointain, les derniers rayons qui meurent dans un long et douloureux engloutissement ! ”
Eddy Lévis, Flèches perdues (1898)
“ Où je lui peins le charme du Rêve. Viens, Elaine, rêver; rêver c'est mieux qu'aimer. C'est mieux que les vains mots qu'on ne sait exprimer. Rêver! c'est le dédain de la vaine parole, Mépris pour ce qui naît en ce monde frivole! Viens ! rêver, c'est plus doux que le chant du roseau, Que l'éclat vacillant d'une étoile dans l'eau ! Le Rêve est l'Océan immense sous l'Etoile, C'est un vaisseau poussé par une frêle voile ! 92 FLÈCHES PERDUES Rêver, c'est l'âge d'or ! Rêver, c'est avoir pris Tout le miel à la ruche et l'arome aux esprits. ”
Adolphe Dumas,
La Cité des hommes, par M. Adolphe Dumas
(1835)
“ Les visions au ciel de ton rêve divin, Et tout ce qui te fait pleurer seule et muette, Et tout ce qui te fait sainte, et que moi, poëte, Je cherche et que je cherche en vain. Alors, par un regard, un mot qu'on puisse entendre, Par un baiser qui parle et se fasse comprendre, Donne-moi ton extase, et fais-moi m'enivrer ; Découvre-mrô là-haut tes choses inconnues, Et tes mondes cachés au-delà de mes nues ; Dis-moi ce qui te fait rêver ! C'est vrai, — quand on est seul à penser, qu'on revient Aux choses d'autrefois, dont le coeur se souvient. ”
Alphonse de Lamartine,
Les confidences
“ Mais pourquoi m’entraîner vers ces scènes passées ? Laissons le vent gémir et le flot murmurer ; Revenez, revenez, à mes tristes pensées ! Je veux rêver et non pleurer ! ”
Charles Mary, Avant et pendant la mêlée : poèmes d'un soldat (1917)
“ Rêver, c'est si charmant et si délicieux, C'est voir ce qui se passe tout en fermant les yeux, Entendre tous les bruits pendant que l'on sommeille, Sans les rechercher et sans tendre les oreilles, C'est vivre enchanté et satisfait de son sort, C'est respirer tous les parfums de la nature, Des arbres, du gazon, des fleurs, de la verdure, Sans le vouloir. ”
Anthologie de la Société des poètes français (1907)
“ Travaille présentement, à une oeuvre en prese L'Heure claire Laissons aller notre âme à la pente du rêve ; Rêver est doux : rêvons, en mêlant nos esprits ; Et de cette douceur n'attendons d'autre prix Que l'heure plus légère à la fois et plus brève. Lisons le même livre, (en unissant nos coeurs,) D'un délicat poète ou d'un penseur austère; Et passons avec l'un la porte du mystère, Avec l'autre le seuil des paradis en fleurs. ”
Alfred de Musset,
Alfred de Musset
(1867)
“ Oui, dormir- et rêver ! — Ah! que la vie est belle, Quand un rêve divin fait sur sa nudité Pleuvoir les rayons d'or de son prisme enchanté ! Frais comme la rosée, et fils du ciel comme elle ! Jeune oiseau de la nuit, qui, sans mouiller son aile, Voltige sur les mers de la réalité ! LVI Ah ! si la rêverie était toujours possible ! Et si le somnambule, en étendant la main, Ne trouvait pas toujours la nature inflexible Qui lui heurte le front contre un pilier d'airain ! Si l'on pouvait se faire une armure insensible ! Si l'on rassasiait l'autour comme la faim ! ”
Renée Vivien,
Études et Préludes
“ Comment oublier le pli lourd De tes belles hanches sereines, L’ivoire de ta chair où court Un frémissement bleu de veines ? Et comment jamais retrouver L’identique extase farouche, T’oublier, revivre et rêver Comme j’ai rêvé sur ta bouche ? ”
Victor Hugo,
Les Chansons des rues et des bois
(1867)
“ Ce livre est écrit beaucoup avec le rêve, un peu avec le souvenir. Rêver est permis aux vaincus; se souvenir est permis aux solitaires. ”
William Shakespeare,
Œuvres complètes de Shakespeare…
“ Être ou ne pas être, voilà le problème. — Mourir, dormir, est-ce là tout ? Oui, tout. — Non, dormir, c’est rêver. Oui, pardieu, ce n’est que cela. — Et puis, quand nous nous éveillons de ce rêve de la mort, — c’est pour être portés devant un juge éternel, — dans la région inexplorée d’où nul voyageur — n’est jamais revenu, et à la vue de laquelle — l’heureux sourit et le maudit est damné. ”
“ Qui dans l’âtre, en fumant, lentement se consume... Je rêvais... — j’en conviens, — c’est souvent ma coutume ; Un peu de rêverie est parfois le seul bien Du pauvre cœur brisé qui n’espère plus rien !... ”
Joseph Maggini, Au souffle du rêve (1905)
“ Et quand la nuit descend du mont, Sous l'aile de la rêverie, On entend passer sur leur front Le souffle de la poésie, Car, ô Muse à la lyre d'or, Tu leur prodigue l'étincelle Qui naît de ton brûlant essor Et de ta pensée immortelle. IV L'esprit de toute éternité, Animant la grande nature, Prodigue avec aménité L'ombre amante de ta ramure : Il donne à tes filles l'amour Semblable à l'âme qui s'élève, Vierge comme l'aube du jour, Vers les extase* d'un beau rêve. ”
Paul Souriau, La rêverie esthétique; essai sur la psychologie du poète
“ Tout ce que nous avons mis de nous-mêmes dans la nature, toutes les rêveries qu'elle nous a suggérées, toutes les émotions qu'elle nous a données ou que nous lui avons prêtées, tout cela nous revient au cœur quand nous la contemplons. De là son attrait esthétique. Nos rêveries font les fleurs plus charmantes, le ciel plus profond, les couchants plus diaprés, les voix de la nature plus émouvantes. Elles embellissent le monde de toute la poésie dont elles le pénètrent. ”
Marius Topin, Revue des Deux Mondes
“ L’esprit, entraîné par l’apparition irréfléchie des objets ou par le souvenir non combiné des impressions et des sentimens, se laisse aller au courant mobile de ses libres et fantastiques imaginations aussi bien dans la rêverie, qui est le songe du jour, que dans le songe, qui est la rêverie de la nuit. ”
“ C'est contradictoire; ça ne le serait plus si on ne faisait, de la vie avec ses personnages, que des rêves qui se rencontrent. J'emploie ce mot rêve parce qu'il est commode quoique agaçant et usé. J'entends par rêve: vision du passé, espoirs, une rêverie d'autrefois revenue qui rencontre une vision qui s'en va, un souvenir d'après-midi qui rencontre la blancheur d'une ombrelle et la fraîcheur d'une autre pensée.—Il y a des erreurs de rêve, de fausses pistes, des changements de direction, et c'est tout ça qui vit, qui s'agite, s'accroche, se lâche, se renverse. ”
Charles Des Guerrois, Vie et les lettres de William Cowper… (1933-1936)
“ Les rêveries dont votre tête était remplie dans le moment où le mal était le plus intense, encore que ce ne fussent que des rêveries, produit d'une imagination échauffée, ont cependant été pour vous la preuve consolante du tour qui porte de préférence vers les plus excellents sujets votre cœur aussi bien que votre intelligence. ”
Léon d’Hervey de Saint-Denys,
Les Rêves et les moyens de les diriger
“ Les visions que nous avons en songe peuvent se définir la représentation aux yeux de notre esprit des objets qui occupent notre pensée. — Nihil est in visionibus somniorum quod non prius fuerit in visu. — Les clichés-souvenirs. — Différence entre rêver et penser. — Pourquoi nous avons tantôt des visions d’une netteté parfaite, et tantôt des visions confuses. — Premier examen de quelques opinions matérialistes. — Un rêve de fleuriste et un rêve de mendiant. Sur les monuments d’architecture et sur les ouvrages d’art qui nous apparaissent en rêve. ”
Charles Perrault,
Œuvres choisies de Charles Perrault…
“ Rempli des douces rêveries Qu’inspirent les grands bois, les eaux et les prairies, Il sent soudain frapper et son cœur et ses yeux Par l’objet le plus agréable, Le plus doux et le plus aimable Qu’il eût jamais vu sous les Cieux. ”
Jean Jaurès,
De la réalité du monde sensible
(1892)
“ Quoi qu’il en soit de ces rêves, il est certain que dans l’ordre du mouvement, de la pensée, de l’émotion, de la rêverie, l’âme dépasse son organisme. Par la contemplation poétique ou par l’ardente affection, elle se mêle dès maintenant aux choses et aux âmes. ”
Victor Hugo,
Les Travailleurs de la mer
“ La rêverie, qui est la pensée à l’état de nébuleuse, confine au sommeil, et s’en préoccupe comme de sa frontière. ”
Victor Hugo,
Les Misérables
(1862)
“ C’était plus qu’un sourire et presque un rayonnement. Il y avait sur son front l’inexprimable réverbération d’une lumière qu’on ne voyait pas. L’âme des justes pendant le sommeil contemple un ciel mystérieux. ”
Jean-Jacques Rousseau,
Les Rêveries du Promeneur Solitaire
“ Plus un contemplateur a l'âme sensible, plus il se livre aux extases qu'excite en lui cet accord. Une rêverie douce et profonde s'empare alors de ses sens, et il se perd avec une délicieuse ivresse dans l'immensité de ce beau système avec lequel il se sent identifié. ”
Pedro Calderón de la Barca,
Oeuvres dramatiques de Caldéron…
(1871-1873)
“ SIGISMOND, à part. — Ciel 1 s'il est vrai que je rêve, car il n'est pas possible que tant de choses entrent dans un rêve, Dieu me soit en aide ! Heureux qui saurait se tirer bien de toutes ou ne penser à aucune! Vit-on jamais tant de peines et tant de doutes? Si je n'ai fait que rêver la grandeur où je me suis vu, comment cette femme vientelle à présent m'en rappeler des détails si précis? C'était donc vérité et non pas rêve? Et si c'était vérité (nouvelle confusion, hélas! et non moindre que la première) , comment l'appelai-je un rêve? ”
Jean-Jacques Rousseau,
Les Rêveries du Promeneur Solitaire
(1925)
“ En sortant d'une longue et douce rêverie, me voyant entouré de verdure, de fleurs, d'oiseaux, et laissant errer mes yeux au loin sur les romanesques rivages qui bordaient une vaste étendue d'eau claire et cristalline, j'assimilais à mes fictions tous ces aimables objets ; et, me trouvant enfin ramené par degrés à moi-même et à ce qui m'entourait, je ne pouvais marquer le point de séparation des fictions aux réalités, tant tout concourait également à me rendre chère la vie recueillie et solitaire que je menais dans ce beau séjour. ”
Charles Baudelaire,
Les Fleurs du mal/1868
“ « Quel est celui de nous qui n’a pas, dans ses jours d’ambition, rêvé le miracle d’une prose poétique, musicale, sans rhythme et sans rime, assez souple et assez heurtée pour s’adapter aux mouvements lyriques de l’âme, aux ondulations de la rêverie, aux soubresauts de la conscience ? ”
Victor Hugo,
Les Contemplations
“ PLEURS DANS LA NUIT I Je suis l’être incliné qui jette ce qu’il pense ; Qui demande à la nuit le secret du silence ; Dont la brume emplit l’œil ; Dans une ombre sans fond mes paroles descendent, Et les choses sur qui tombent mes strophes rendent Le son creux du cercueil. Mon esprit, qui du doute a senti la piqûre, Habite, âpre songeur, la rêverie obscure Aux flots plombés et bleus, Lac hideux où l’horreur tord ses bras, pâle nymphe, Et qui fait boire une eau morte comme la lymphe Aux rochers scrofuleux. Le doute, fils bâtard de l’aïeule sagesse, Crie : À quoi bon ? ”
“ Au point du jour, souvent en sursaut, je me lève, Eveillé par l’aurore,. ou par la fin d’un rêve, Ou par un. doux oiseau qui chanté, ou par le vent. Et vite je me mets au travail, même avant Les pauvres ouvriers qui près de moi demeurent. La nuit s’en va. Parmi les étoiles qui meurent Souvent ma rêverie errante fait un choix. Je travaille debout, regardant à la fois Eclore en moi l’idée et là-haut l’aube naître. Je pose l’écritoire au bord de la fenêtre Que voile et qu’assombrit, comme un antre de loups, Une ample vigne vierge accrochée à cent clous, Et j’écris au milieu des branches entr’ouvertes, ”
“ Et j’ai suivi mon rêve, allant au but cherché. Le cœur battant à coups précipités, dans l’ombre ; Un seul désir dans l’âme, une larme à mon cil, Voyant le ciel trop noir et la cité trop sombre, Je t’ai suivi, mon rêve angoissant et subtil ! ... Suivre son élan, aller quand le sort vous appelle, Au crépuscule tendre errer seul et pensif, Et regarder le ciel quand le chagrin rebelle A meurtri le cœur pur qui sanglote, passif... ”
Henriette Dessaulles,
Lettres de Fadette
“ Plus tard, ma raison a repoussé cette naïveté, mais à certains jours mes rêves qui se réalisant, — comme hier, — font la nique à ma raison scandalisée ! Le rêve tissé dans l’ombre et le silence avec des souvenirs et des aspirations, le rêve qui est le refus obstiné de l’esprit de s’anéantir dans le sommeil est étrangement mystérieux. Il est peut-être le vestibule du grand au-delà vers lequel nous allons jour par jour, heure par heure, oublieux et insouciants dans l’action, mais curieux et troublés, dès que notre âme, s’isolant du tumulte extérieur, cherche à deviner l’impénétrable. ”
Gustave Flaubert,
La Revue blanche
“ Avoir aimé, avoir rêvé le ciel, avoir vu tout ce que l’être a de plus pur, de plus sublime, et s’enchaîner ensuite dans toutes les lourdeurs de la chair, toute la langueur du corps ! Avoir rêvé le ciel et tomber dans la boue ! Qui me rendra maintenant toutes les choses que j’ai perdues, ma virginité, mes rêves, mes illusions, toutes choses fanées, pauvres fleurs que la gelée a tuées avant d’être épanouies. XVIII Si j’ai éprouvé des moments d’enthousiasme, c’est à l’art que je les dois. ”
“ Et quand le dieu Sommeil chargera mes paupières Des bienfaits qu’il répand la nuit sur les mortels, Dans le rêve mon cœur retrouve ses chimères : Étude, Amour, Beaux-Arts, beaux yeux, tendres appels. ”
“ J’aime aux yeux les plus beaux un plus subtil attrait. Mon espoir est un rêve & mon rêve un secret. Le cœur a des retours vers les choses anciennes, Des retours imprévus, séduisants, caressants ; Le poëte s’éveille à de si doux accents Et s’abandonne à ces langueurs qui sont les siennes. Le cœur a des retours vers les choses anciennes. Ô jours trop tôt perdus, ô jours trop regrettés ! Puisse l’enivrement de vos mélancolies, Reflet mystérieux des aurores pâlies, Longuement éblouir mes regards attristés, Ô jours trop tôt perdus, ô jours trop regrettés ! ”
“ À son cou, je pleurai, devant la vie nouvelle, de délicieuses larmes. — Ce fut le premier Rêve en toi. Il passa, mais son reflet demeure : foi éternelle et inébranlable en ton Ciel, ô Nuit, et en son Soleil, l’Aimée ! IV Maintenant je le sais, lequel sera le dernier matin ; lorsque la Lumière ne fera plus s’enfuir et la Nuit et l’Amour, lorsque le Sommeil, devenu éternel, ne sera plus qu’un seul Rêve intarissable. Une céleste lassitude s’est emparée de moi à jamais. Long et harassant me fut le pèlerinage au saint tombeau, pesante la croix. ”
Marius Vachon, Le nouvel hôtel de ville de Paris… (1900)
“ Ire coupole : le Rêve. – C'est par le « Rêve » que s'ouvre symboliquement la série des compositions. Au crépuscule d'une nuit d'été, une jeune femme, assise dans les branches d'un arbre en fleur, s'est abandonnée au sommeil. Un rêve d'amour éclaire de sourires son visage. Deux figures allégorisant la Nuit et l'Ombre contemplent la belle dormeuse, et l'enveloppent de voiles légers, transparents. Pendentifs : des génies portent dans leurs mains des pavots. ”
Henriette Dessaulles,
Lettres de Fadette
“ La petite chanteuse immobile est pensive, ses yeux sont tout embués du rêve qui dure... L’éternel rêve qui berce les humains et dans lequel ils puisent l’inspiration, l’espoir et la vaillance. Le rêve qui est le seul bonheur de quelques-uns. ”
Edgar Allan Poe,
Les Poèmes d’Edgar Poe
“ En des visions de la sombre nuit, j’ai bien rêvé de joie défunte, — mais voici qu’un rêve tout éveillé de vie et de lumière m’a laissé le cœur brisé. Ah ! qu’est-ce qui n’est pas un rêve le jour pour celui dont les yeux portent sur les choses d’alentour un éclat retourné au passé ? ”
“ Je conçois un temps où personne ne se faisait la moindre idée de ce que nous appelons un rêve. Et comme, sans doute, ils rêvaient comme nous, c’est-à-dire brodaient, tout en dormant, sur la fatigue des yeux, le mal d’estomac, le froid aux pieds et les mille bruits qui les touchaient sans les éveiller, vous pouvez vous faire une idée des expériences qu’ils accumulaient ; car ils croyaient que leurs rêves étaient des faits réels dans le monde. ”
