“ Croyez-vous, ma chère amie, que mon affection pour vous changerait si je vous disais ce que je viens de vous dire ? L’amitié se laisse deviner petit à petit et ne s’impose qu’à la longue. Remarquez la suite logique de ces sentiments de l’âme : respect, estime, affection, amitié. De tous les sentiments du cœur humain l’amitié en est le dernier, parce qu’il est le plus élevé, le plus difficile à atteindre et le dirai-je ? à maintenir. Il est doux, suave, consolant. Le respect et l’estime viennent de l’intelligence, l’affection vient du cœur, mais l’amitié provient de l’esprit et du cœur. ”
May Ziadé
Élements biographiques
May Ziadé (1886-1941), écrivaine libanaise et palestinienne pionnière du féminisme arabe, incarne une voix unique de la littérature moderne arabe. À travers ses œuvres en français et en arabe, notamment Fleurs de rêve, elle aborde des thèmes universels tels que la nostalgie, la lutte pour l'égalité et la réflexion sur l'existence, mêlant poésie lyrique à une analyse sociale percutante.
Pionnière des discussions sur la situation des femmes, elle crée un salon littéraire prestigieux à l'époque, et entretient une correspondance durable avec Khalil Gibran. Son héritage, marqué par une écriture à la fois introspective et engagée, demeure une référence incontournable de la pensée féministe arabe.
Citations de May Ziadé
“ La joie vous délaisse après vous avoir longtemps souri, les dangers vous assiègent de toutes parts, les angoisses vous déchirent, les larmes amères que vous versez dans la solitude brûlent vos yeux et votre cœur, mais vous n’en êtes que plus grands. Vous avez l’honneur de souffrir noblement, vous avez le bonheur ineffable de le comprendre. Le bonheur de l’homme réside en l’homme lui-même : l’homme courageux et intelligent sait mettre des notes douces dans sa douleur, il sait donner à sa mince nourriture le goût des meilleurs repas, à son eau l’âme et la couleur du vin ”
“ Quel bonheur de jouir de cet horizon éblouissant, des ondulations infinies des montagnes et des champs, de toute l’immensité bienheureuse de la mer lointaine, et de l’intensité caressante de cette lumière qui coule généreusement du sein du firmament remplissant la forêt de guirlandes d’ombre et de couleurs éclatantes, et déversant sur tout ce qui nous environne une voluptueuse béatitude ! Mais un grand nuage blanc voile le soleil et tout l’horizon s’emplit d’une douce et discrète mélancolie ; la brise fraîche fait trembler les feuilles en balançant les minces cimes des pins amis... ”
