Mme Gérard d’Houville

Élements biographiques

Mme Gérard d’Houville Revue des Deux Mondes

Alors, pinceaux légers, ils enluminent cette page d’horizon d’un indigo de missel ; ils caressent le ciel de leurs cimes si fines ; et, ce faisant, ils oscillent à la mesure d’un muet cantique ; il leur faut du mouvement et de la couleur, à ces pauvres petits frères ; et, à force de les regarder se balancer, se dodeliner, s’incliner, et se bercer, on se sent pris d’un vertige de voyage, d’une nostalgie bleue et argent, où les bouleaux pieux sans doute se racontent qu’un jour, cessant enfin d’être retenus à la terre, ils iront en pèlerinage jusqu’à l’azuré paradis.
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Mme Gérard d’Houville Revue des Deux Mondes

Mais, hélas ! sans eau, sans terre et sans repos, l’oignon se ratatina, mécontent, sans même donner à une petite langue verte, qu’il tire au nez de la vie, pour le principe, jusqu’au fond des caves, le droit de se montrer. Et la petite fille déçue le lança, un jour de visite, à la barbe de la vieille dame vexée.
Hélas ! n’agissons-nous pas ainsi, souvent, comme l’enfant vis-à-vis de son oignon de jacinthe, avec nos plus chers désirs, et nos espoirs, et nos rêves ?
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Mme Gérard d’Houville Revue des Deux Mondes

Il était une fois une petite fille à laquelle une vieille amie donna un oignon de jacinthe. « Petite fille, — lui dit-elle, en faisant sauter dans ses mains ridées la boule aux nombreuses soies qui ressemblent aux soies des ballons, — petite fille, il y a là-dedans un miracle ; oui, mon enfant : de la vie, de la joie, de la couleur épanouie, du parfum clos comme dans un flacon jaloux. Un beau jour tout cela s’exhalera, s’épanouira hors de cette boite ronde ; c’est un joli cadeau, un présent de conte de fée : soigne-le bien. »
Et la petite fille adora l’oignon de jacinthe
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