Jean-Jacques Rousseau,
Les Rêveries du Promeneur Solitaire
(1925)
“ Un bienfait purement gratuit est certainement une œuvre que j'aime à faire ; mais quand celui qui l'a reçu s'en fait un titre pour en exiger la continuation sous peine de sa haine, quand il me fait une loi d'être à jamais son bienfaiteur, pour avoir d'abord pris plaisir à l'être, dès lors la gêne augmente, et le plaisir s'évanouit. Ce que je fais alors quand je cède est faiblesse et mauvaise honte : mais la bonne volonté n'y est plus ; et, loin que je m'en applaudisse en moi-même, je me reproche en ma conscience de bien faire à contre-cœur. ”

