Jacques-André Mérys

Résumé

Jacques-André Mérys Revue des Deux Mondes

Mais je n’y veux point songer, j’aime mieux garder le plus longtemps possible ce qui me reste au fond du cœur d’ignorance et de naïveté. Je touche au soir de ma jeunasse, mon ami ; je m’en aperçois comme je vous le disais tout à l’heure, à la longueur des ombres croissantes. C’est la saison, vous le savez, où il se fait en moi un grand calme, où j’ai l’âme sonore comme l’air d’un soir humide, les sens reposés, le cœur paisible, un peu couvert ; les éclairs qui le traversent de temps en temps sont des éclairs d’automne qui n’amènent point d’orage.
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Jacques-André Mérys Revue des Deux Mondes

Il est mort au milieu de tous ses souvenirs, en présence de tout son passé. Ces quatre murs enferment d’un bout à l’autre cette destinée, si simple, si belle, si modestement héroïque. Ne la grandissons pas plus qu’il ne l’aimait, restons simples et modestes comme lui dans nos regrets, mais jugeons-le sur sa puissance qui ne s’est jamais exercée, et plus encore d’après sa vie que d’après ses œuvres...
Vous savez mieux que personne ce que valait son cœur, car il vous aimait autant qu’un frère peut aimer.
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Jacques-André Mérys Revue des Deux Mondes

Ce Dieu de sa raison et de son cœur, il l’a trouvé à l’heure où je vous parle. Votre frère, mon amie, est plus heureux que nous. Croyez, espérez, nourrissez-vous de vos regrets, mais qu’ils ne soient pas stériles ; vous vous devez à ceux qui vous entourent...
Non, le premier accès de la douleur n’est pas le moment cruel, surtout quand il excède la sensibilité. L’affreux moment, c’est la maison vide, la place de l’absent vacante pour toujours, ce témoignage à tout moment, partout répété, qu’il est bien mort, que c’est fini, fini sans retour.
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