Pierre Blanchon

Résumé

Pierre Blanchon Revue des Deux Mondes

Toute peinture glacée en est là. C’est l’impalpable, et l’impalpable n’est pas et n’a qu’une existence trop relative.
C’est le principe même de la couleur, la substance de la matière colorée qui fait les coloristes.
Les coloristes à bases solides et simples résistent à la lumière. Rubens ne change pas. Il ne modifie pas son ton par un travail superficiel. Il le compose et le nuance résolument. Quand il le rompt, c’est de la couleur rompue ; quand il l’étouffe, c’est de la couleur sourde ; quand il le neutralise, c’est de la couleur neutre.
Rembrandt n’avait aucun esprit dans la touche.
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Pierre Blanchon Revue des Deux Mondes

La voiture va droit au flot, y entre jusqu’aux essieux, se retourne et reste là. Le cheval a de l’eau jusqu’au-dessus des genoux. La mer arrive, se brise sur l’obstacle, rejaillit sous la voiture, l’entoure d’écumes plus épaisses, plus blanches, plus continues, et pendant ce temps on aperçoit de loin à l’arrière un point sombre qui s’agite au milieu du remous blanchissant.
Admirable couleur claire, blonde et simple de tout cela. Van de Velde est bien sensible : on lui voudrait un œil plus attentif, une couleur plus vraie, un dessin plus sûr, plus varié, qui mesurât mieux les grands espaces.
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Pierre Blanchon Revue des Deux Mondes

Il faut être peintre pour savoir qu’il y a dans un tableau une clef et un diapason comme en musique. Avant d’accorder les couleurs entre elles, il faut d’abord en trouver le point de départ. L’harmonie d’un tableau peut être juste et résonner de bien des manières. Chaque manière a son effet, son style, sa signification. Le même accord peut être haussé sans y perdre sa justesse. Mais, de même qu’en musique, il n’est point indifférent pour le sens de l’idée, pour le caractère de l’œuvre, que l’œuvre soit écrite plus haut ou plus bas.
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