Mme Mallès de Beaulieu

Résumé

Mme Mallès de Beaulieu Contes d’une mère à sa fille

À peine sa douce voix a-t-elle frappé les oreilles du vieillard, qu’il saisit sa main, la serre dans les siennes et l’arrose de larmes. Clémentine, aussi surprise que touchée, le regarde attentivement, et dans ces traits défigurés par de longues souffrances, reconnaît ceux de son respectable instituteur, du tendre ami de son enfance. Mille sentimens confus vinrent assaillir l’âme sensible de la jeune fille ; la joie, la douleur s’y combattaient ; elle ne put d’abord s’exprimer que par un déluge de pleurs, mais l’abbé Ducosquer la pria de modérer son affliction.
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Mme Mallès de Beaulieu Contes d’une mère à sa fille

Clémentine entrait alors dans sa quinzième année ; elle supporta avec beaucoup de courage le changement de sa situation ; elle ne s’occupa que d’adoucir les peines de sa mère, et sa tendresse ingénieuse lui en fournit mille moyens. Madame Vernange n’avait pas négligé d’apprendre à sa fille tous les petits ouvrages de son sexe. Clémentine, adroite comme les fées, cousait parfaitement, brodait au métier et à la main, et nuançait avec tout le goût possible : ces petits talens que jusqu’alors elle n’avait cultivés que pour son amusement, lui devinrent d’une grande utilité.
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Mme Mallès de Beaulieu Contes d’une mère à sa fille

Il s’était écoulé plus d’un an depuis la mort du malheureux Lebel ; l’abbé pressait en vain son neveu de s’expliquer ; le respect et une timidité que le véritable amour inspire, suspendaient l’aveu de ses sentimens ; un motif bien délicat le retenait encore : il craignait que sa fortune, qui était considérable, ne parût à Clémentine le fondement de ses espérances. L’âme noble de cette jeune personne lui étant parfaitement connue, il ne voulait pas qu’elle le soupçonnât d’attacher trop de prix à des biens qui n’en ont que par l’usage qu’on en fait.
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