Résumé

Le Parnasse contemporain/1869

Que ne suis-je le rêve où ton âme me fuit,
Quand l’haleine de fleur dont ta bouche est baisée
Se berce au rhythme lent de ta gorge apaisée,
Dans la tranquillité profonde de la nuit !
Que ne suis-je le rêve où ma douleur te suit
D’un souffle haletant & d’une aile brisée,
Sans entrevoir jamais, comme une aube embrasée,
L’invisible soleil qui sous ton front reluit !
— L’amour qui te fait vivre est celui qui me tue
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Le Parnasse contemporain/1869

L’hymne imprévu, joué par l’hôte du vieux chêne,
Ondule & se répand vers la forêt prochaine ;
Tout arbre en a frémi, du mélèze au tilleul ;
Les jeunes rejetons parlent au sombre aïeul,
Et tous, comme un tribut joyeux & volontaire,
Font de leur peuple ailé sa part au solitaire.
Les nids les plus lointains, ou fauvette ou pinson,
Laissent fuir vers le chêne un hôte, une chanson.
D’insectes & d’oiseaux chaque branche fourmille,
Chaque haleine du vent y porte une famille,
Et, jusqu’aux blancs ramiers, ces modèles d’amour,
Tous les fils du printemps y tiennent une cour.
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Le Parnasse contemporain/1869

Refleuris sous mon front, ô fleur de volupté,
Fleur du rêve païen, fleur vivante & charnelle,
Corps féminin qu’aux jours de l’Olympe enchanté
Un cygne enveloppa des blancheurs de son aile.
L’amour des Cieux a fait chaste ta nudité :
Sous tes contours sacrés la fange maternelle
Revêt la dignité d’une chose éternelle
Et, pour vivre à jamais, s’enferme en la Beauté.
C’est toi l’impérissable, en ta splendeur altière,
Moule auguste où l’empreinte ennoblit la matière,
Où le marbre fait chair se façonne au baiser
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