Jean Richepin

Jean Richepin

Résumé

Portrait de Jean Richepin Jean Richepin Les Caresses

Tous les oiseaux grisés chantent comme des anges.
Le jet d’eau, qui gazouille aussi doux que du miel,
Semble un iris ayant pour fleur un arc-en-ciel.
Quand votre Majesté, madame, est satisfaite,
Au jardin de mon cœur tout le monde est en fête.
Mais quand vos yeux se font cruels et mécontents,
Adieu les fleurs et les oiseaux ! Adieu printemps !
Les roses, les œillets, se fanent sur leur tige.
Aucune abeille, aucun papillon n’y voltige.
Mésanges et moineaux et linots et pinsons
S’en vont loin de chez moi pour chanter leurs chansons.
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Portrait de Jean Richepin Jean Richepin Les Caresses

Ils vont ainsi jusqu’au moment
Où, d’un cri perçant leur oreille,
Quelqu’un qui les voit les réveille,
Et rompt le charme brusquement.
L’ange s’enfuit ! Reste la bête,
Qui, soûle encor d’avoir rêvé,
Chancelle, et va sur le pavé,
Sanglante, se casser la tête.
IV
plongeon
C’est bien fait ! Je me suis conduit comme un oison.
Au lieu de suivre en paix le fil de ta rivière,
J’ai fait le beau plongeur au fond d’une englivière
Où les limons bourbeux s’entassaient à foison.
J’en suis sorti sans souffle et pris de pâmoison
Malgré mon cœur si fort et mon humeur si fière.
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Portrait de Jean Richepin Jean Richepin Les Caresses

J’ai cru que dans mon petit nid
Loin du Temps, cet oiseau de proie,
Je ferais couver l’Infini
Par les deux ailes de ma joie.
J’ai cru... Mais que n’ai-je point cru ?
J’ai pris pour le jour la nuit brune,
Ma piquette pour un grand crû,
Et mon fromage pour la lune.
Hélas ! je connais aujourd’hui
Que l’homme est un fétu de paille
Par la valse du vent conduit.
Où le vent souffle, il faut qu’on aille.
On ne fait pas ce que l’on veut :
On fait ce que veut la Nature.
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