“ Tous les oiseaux grisés chantent comme des anges. Le jet d’eau, qui gazouille aussi doux que du miel, Semble un iris ayant pour fleur un arc-en-ciel. Quand votre Majesté, madame, est satisfaite, Au jardin de mon cœur tout le monde est en fête. Mais quand vos yeux se font cruels et mécontents, Adieu les fleurs et les oiseaux ! Adieu printemps ! Les roses, les œillets, se fanent sur leur tige. Aucune abeille, aucun papillon n’y voltige. Mésanges et moineaux et linots et pinsons S’en vont loin de chez moi pour chanter leurs chansons. ”
Jean Richepin
Résumé
"Les Caresses", poème de Jean Richepin, explore avec lyrisme les thèmes de l'amour, de la nature et de la vulnérabilité humaine. À travers des images poétiques de fleurs, d'oiseaux, de baisers et de pleurs, l'œuvre mêle mélancolie et émerveillement, illustrant la tension entre éphémérité et durabilité.
Les citations révèlent une introspection profonde, où le "fond" de l'âme et la "grand'route" de l'existence se croisent, tandis que les métaphores naturelles (roses, œillets, vague) symbolisent les émotions. L'œuvre, à la fois fragile et intense, célèbre l'amour comme force de création et de destruction, en résonance avec les thèmes de l'absurde et de la résilience.
Citations de Les Caresses (Jean Richepin)
“ Ils vont ainsi jusqu’au moment Où, d’un cri perçant leur oreille, Quelqu’un qui les voit les réveille, Et rompt le charme brusquement. L’ange s’enfuit ! Reste la bête, Qui, soûle encor d’avoir rêvé, Chancelle, et va sur le pavé, Sanglante, se casser la tête. IVplongeon C’est bien fait ! Je me suis conduit comme un oison. Au lieu de suivre en paix le fil de ta rivière, J’ai fait le beau plongeur au fond d’une englivière Où les limons bourbeux s’entassaient à foison. J’en suis sorti sans souffle et pris de pâmoison Malgré mon cœur si fort et mon humeur si fière. ”
“ J’ai cru que dans mon petit nid Loin du Temps, cet oiseau de proie, Je ferais couver l’Infini Par les deux ailes de ma joie. J’ai cru... Mais que n’ai-je point cru ? J’ai pris pour le jour la nuit brune, Ma piquette pour un grand crû, Et mon fromage pour la lune. Hélas ! je connais aujourd’hui Que l’homme est un fétu de paille Par la valse du vent conduit. Où le vent souffle, il faut qu’on aille. On ne fait pas ce que l’on veut : On fait ce que veut la Nature. ”
