Résumé

Portrait de Cécile Sauvage Cécile Sauvage Tandis que la terre tourne

Ô mon fils, je tiendrai ta tête dans ma main,
Je dirai : j’ai pétri ce petit monde humain ;
Sous ce front dont la courbe est une aurore étroite
J’ai logé l’univers rajeuni qui miroite
Et qui lave d’azur les chagrins pluvieux.
Je dirai : j’ai donné cette flamme à ces yeux,
J’ai tiré du sourire ambigu de la lune,
Des reflets de la mer, du velours de la prune
Ces deux astres naïfs ouverts sur l’infini.
Je dirai : j’ai formé cette joue et ce nid
De la bouche où l’oiseau de la voix se démène ;
C’est mon œuvre, ce monde avec sa face humaine.
Ô mon fils, je tiendrai ta tête dans ma main
Source : Wikisource

Portrait de Cécile Sauvage Cécile Sauvage Tandis que la terre tourne

NATURE, LAISSE-MOI...
Nature, laisse-moi me mêler à ta fange,
M’enfoncer dans la terre où la racine mange,
Où la sève montante est pareille à mon sang.
Je suis comme ton monde où fauche le croissant
Et sous le baiser dru du soleil qui ruisselle,
J’ai le frisson luisant de ton herbe nouvelle.
Tes oiseaux sont éclos dans le nid de mon cœur,
J’ai dans la chair le goût précis de ta saveur,
Je marche à ton pas rond qui tourne dans la sphère,
Je suis lourde de glèbe, et la branche légère
Me prête sur l’azur son geste aérien.
Source : Wikisource

Portrait de Cécile Sauvage Cécile Sauvage Tandis que la terre tourne

Tu tettes le lait pur de mon âme sereine,
Mon petit nourrisson qui n’as pas vu le jour,
Et sur ses genoux blancs elle, berce la tienne
En lui parlant tout bas de la vie au front lourd.
Voici le lait d’esprit et le lait de tendresse,
Voici le regard d’or qu’on jette sur les cieux ;
Goûte près de mon cœur l’aube de la sagesse ;
Car sur terre jamais tu ne comprendras mieux.
Vois, mon âme sur toi s’inclinant plus encore,
Dans le temps que tu dors au berceau de mon flanc,
Brode des oiseaux blonds avec des fils d’aurore
Pour draper sur ton être un voile étincelant
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature