Cécile Sauvage

Élements biographiques

Portrait de Cécile Sauvage Cécile Sauvage Tandis que la terre tourne

Ô mon fils, je tiendrai ta tête dans ma main,
Je dirai : j’ai pétri ce petit monde humain ;
Sous ce front dont la courbe est une aurore étroite
J’ai logé l’univers rajeuni qui miroite
Et qui lave d’azur les chagrins pluvieux.
Je dirai : j’ai donné cette flamme à ces yeux,
J’ai tiré du sourire ambigu de la lune,
Des reflets de la mer, du velours de la prune
Ces deux astres naïfs ouverts sur l’infini.
Je dirai : j’ai formé cette joue et ce nid
De la bouche où l’oiseau de la voix se démène ;
C’est mon œuvre, ce monde avec sa face humaine.
Ô mon fils, je tiendrai ta tête dans ma main
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Portrait de Cécile Sauvage Cécile Sauvage Le Vallon

Calme de l’ombre
Dans un silence de beauté.
Ah ! si ce vallon ne peut
Avec son herbage bleu
Et ses dormantes fougères
S’étendre à toute la terre,
Ah ! que seule j’y demeure
Au pied du bouleau qui pleure ;
Que seuls, amis de beauté
Et de rêve se promènent
Dans l’atmosphère sereine
Sur un gazon velouté.
Un long silence autour de nous.
Cette tête sur mes genoux
Blanche et sévère
Rejoint le calme de la terre.
Les yeux sont clos sur un rire effacé,
Les lèvres sont closes, le nez
Est sans souffle. Dans l’air muet
Parfois un soupir monte et s’achève.
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Portrait de Cécile Sauvage Cécile Sauvage Tandis que la terre tourne

NATURE, LAISSE-MOI...
Nature, laisse-moi me mêler à ta fange,
M’enfoncer dans la terre où la racine mange,
Où la sève montante est pareille à mon sang.
Je suis comme ton monde où fauche le croissant
Et sous le baiser dru du soleil qui ruisselle,
J’ai le frisson luisant de ton herbe nouvelle.
Tes oiseaux sont éclos dans le nid de mon cœur,
J’ai dans la chair le goût précis de ta saveur,
Je marche à ton pas rond qui tourne dans la sphère,
Je suis lourde de glèbe, et la branche légère
Me prête sur l’azur son geste aérien.
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