Charlotte Séverac

Élements biographiques

Charlotte Séverac La page où l'on aime (1926)

Bien d'autres ont joui de la beauté des choses Qui l'ont parfois traduite en d'admirables vers : Ils nous ont dit l'été, l'automne, les hivers Et le printemps vêtu de la clarté des roses.
Sur des lacs de cristal, en un riche décor,
Il en est conduisant des barques romantiques ; Quelques-uns sont assis à l'ombre des portiques, Dans l'Hellade où les dieux les accueillent encor.
Qu'importe cependant que ma voix recommence — Sachant, hélas ! que vain sans doute est mon effort De chanter le plus juste et non pas le plus fort — Après tant d'autres voix, l'éternelle romance.
Source : Gallica

Charlotte Séverac La page où l'on aime (1926)

Celles qui font tinter le rire et les blessées Qui, sur le bord des cils, opalisent les pleurs ; Qu'elle a, dans le jardin, ce soir, cueilli des fleurs, Afin d'en déposer le pénétrant hommage Devant le cadre d'or où lui rit son image ; Que son nom est le seul qu'elle prononce encor, Lorsque dans l'ombre et le silence elle s'endort. Enfin, comme une active et frémissante abeille, Battant de l'aile, approche-toi de son oreille,
Avec ma voix, dis-lui : Je t'aime ! et son sommeil Ne sera, jusqu'au jour, qu'un beau songe vermeil Dont son âme, longtemps, restera parfumée.
Source : Gallica

Charlotte Séverac La page où l'on aime (1926)

L'amour avant l'aveu, c'est, sur la branche verte, Le chant du rossignol, c'est la fenêtre ouverte Au parfum pénétrant des cerisiers en fleurs Et c'est l'aurore enfin souriant sous ses pleurs.
Mais bien plus que les fleurs et les chants et l'aurore, Le Printemps de l'amour est fugitif encore.
Ce qu'il a d'incertain nous inquiète un peu ;
On se tourmente, on veut savoir... Et c'est l'aveu. Pour toujours disparaît l'attente merveilleuse,
Et ce n'est plus avril maintenant : sous l'yeuse,
Les grillons de l'été chantent à pleine voix.
Source : Gallica

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