H. Taine, Milton, son génie et ses œuvres
“ Quand une idée s’enfonce dans un esprit logicien, elle y végète et fructifie par une multitude d’idées accessoires et explicatives qui l’entourent, s’attachent entre elles, et forment comme un fourré et une forêt. Les phrases de Milton sont immenses : il lui faut des périodes d’une page pour enfermer le cortège de tant de raisons enchaînées et de métaphores accumulées autour de la pensée commandante. Dans ce grand enfantement, le cœur et l’imagination s’ébranlent : en raisonnant, Milton s’exalte, et la phrase part comme une catapulte, doublant la force de son élan par l’énormité de son poids. ”
