Résumé

Marius Topin Revue des Deux Mondes

Lorsque, le lendemain du coup d’état, M. Mignet, faisant le portrait de Jouffroy, flétrissait ces temps « où l’humanité énervée n’aspire qu’à se reposer et à jouir, où, pour avoir voulu des droits excessifs, on abandonne les droits nécessaires, où la philosophie et la liberté sont comme tombées en disgrâce [22] , » il y eut des cris de colère ; mais l’écho de ces cris s’est éteint depuis longtemps, et la protestation courageuse demeure. C’est qu’elle est contenue dans une œuvre achevée, dont le style assurera la durée.
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Marius Topin Revue des Deux Mondes

Le mot de panégyrique ne devrait en aucun cas désigner ces discours où la louange décernée à l’homme a quelque chose d’ironique et ses grandeurs terrestres sont montrées si éphémères, où tout ce qui compte ici-bas disparaît devant l’image d’une autre vie, où enfin Dieu seul est grand.
Si le sort des nations et les destinées futures de l’homme ont été et sont encore pour l’orateur politique et pour l’orateur de la chaire deux sources intarissables d’éloquence, il en est une autre dans l’hommage librement rendu par l’admiration et la reconnaissance au génie et aux vertus de l’homme.
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Marius Topin Revue des Deux Mondes

Chez la plupart des écrivains condamnés à louer sans réserve un personnage désigné, les chaînes que porte l’auteur alourdissent sa main et son style. On sent une tension continuelle et une marche souvent aussi pénible pour le lecteur qu’elle l’a été pour l’écrivain. Où des entraves existent, l’inspiration fait défaut. « Quand l’âme est à l’étroit, a dit le véritable maître de la critique moderne, le goût tombe, l’éloquence meurt [1] . »
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